L'effondrement d'un immeuble ce weekend a ravivé de douloureux souvenirs pour la population marseillaise.
Au cours des décennies passées, d'autres drames à l'allure similaire sont survenus dans la ville.
Fuites de gaz, vétusté... Les causes varient, mais une même émotion s'empare de la ville.

Dans la nuit de dimanche à lundi, deux corps inanimés ont été retrouvés dans les décombre de l'immeuble qui s'est effondré suite à une explosion, dans la rue de Tivoli, à Marseille. Puis un troisième, dans la matinée. Alors que des recherches se poursuivent pour tenter de retrouver les personnes encore portées disparues, les habitants de la ville ont partagé leur émotion. Meurtris par ce drame, ils voient ressurgir le souvenir d'événements similaires, survenus au cours des dernières années et des décennies passées. 

Dans l'histoire de la ville, l'incendie des Nouvelles Galeries demeure un événement parmi les plus marquants. Le 28 octobre 1938, le feu se déclarait dans ce grand magasin, installé sur la Canebière. Au total, les flammes causaient la mort de 73 personnes. Plus récemment, ce sont néanmoins d'autres accidents douloureux qui ont endeuillé la cité phocéenne, touchant des immeubles d'habitation. 

11 janvier 1981 : 5 victimes après une forte déflagration

Il y a un peu plus de 40 ans, le 11 janvier 1981, une violente explosion a retenti dans le quartier marseillais du Canet. La détonation a été enregistrée au rez-de-chaussée d'un important immeuble d'environ 300 logements, au sein d'un ensemble d'habitations nommé "La dame blanche". 8 personnes ont perdu la vie, tandis que 16 autres ont été blessées. "Intrigués par une odeur persistante de gaz, plusieurs habitants de l'immeuble, haut de douze étages, du 221, boulevard-Casanova, avaient alerté, quelques instant avant l'explosion, les services du gaz", rapportait à l'époque le quotidien Le Monde.

L'intensité de la déflagration a causé des dégâts majeurs : si le bâtiment tout en entier n'a pas été réduit en poussière, quatre étages ont été massivement touchés et presque détruits dans leur intégralité. Leur effondrement a pris au piège des habitants tout en écrasant les locaux d'une galerie marchande qui se trouvait installée au rez-de-chaussée de l'ensemble. Les personnes bloquées dans les étages supérieurs avaient été secourues avec des échelles, faute de pouvoir emprunter les escaliers détruits.

5 février 1985 : 5 morts et 38 blessés suite à une explosion

Le gaz, encore lui, a été responsable d'un accident majeur en 1985 à Marseille. Le 5 février, vers 15 heures, "à l'angle de l'avenue du Prado et du boulevard Périer, dans le huitième arrondissement de la ville, des marins- pompiers interviennent pour circonscrire un banal incendie d'appartement", relate à l'époque l'Agence France Presse. C'est alors qu'une "violente déflagration se produit", tuant sur le coup un policier venu sur les lieux réguler la circulation. Il ne sera pas la seule victime : lors de la catastrophe, "une partie du toit de l'immeuble, soulevée par le souffle de l'explosion, s'écrase sur la chaussée". 

Des voitures sont alors ensevelies, causant le décès d'un jeune homme de 18 ans. Dans le même temps, c'est un marin-pompier qui est tué, gravement brûlé. Les recherches permettront de retrouver les corps de deux nouvelles victimes, un employé du gaz ainsi qu'un homme assez âgé dépourvu de papiers d'identité. Au total, 5 personnes ont été tuées et 38 autres blessées, dont 6 grièvement.

20 juillet 1996 : un immeuble de 7 étages détruit

En 1996, au cœur de l'été, un immeuble de sept étages localisé dans le centre de Marseille a été entièrement détruit par une violente explosion. Le bilan définitif a finalement été de 4 morts et de 26 blessés, après qu'une nouvelle victime a été découverte plusieurs jours après la détonation. Pas moins de 200 pompiers ont été mobilisés sur le site, six jours durant. Une opération de grande ampleur puisque 150 hectares de gravats ont été retirés à l'aide d'une benne ou de petits paniers, l'équivalent de 500 m³ de déblais. Un "chantier d'une ampleur exceptionnelle", comme l'expliquait à l'époque un commandant de brigade des marins pompiers.

Une fuite de gaz n'a pas tardé à être mise en avant pour expliquer la détonation. Les services de dépannage de Gaz de France avaient en effet été sollicités peu avant l'explosion, et ce à deux reprises. La veille du drame, un signalement avait d'ailleurs entraîné l'intervention d'une équipe. La présence d'un obus dans l'immeuble datant de la seconde guerre mondiale, évoquée par un homme, avait été envisagée. Cette piste a pourtant été rapidement écartée par les enquêteurs,  ces derniers évoquant une rumeur "farfelue".

5 novembre 2018 : deux immeubles détruits, rue d'Aubagne

La population marseillaise garde encore aujourd'hui largement en mémoire l'effondrement de deux immeubles en 2018, rue d'Aubagne. À 9 heures du matin, le 5 novembre, les bâtiments très vétustes situés aux numéros 63 et 65 se sont affaissés sur eux-mêmes, causant la mort de 8 personnes. Souvent mis en cause, le gaz n'a pas été impliqué dans cette catastrophe. Le manque d'entretien et la dégradation du parc immobilier, en revanche, a suscité de vives critiques. 40.000 logements sont en effet jugés insalubres dans la ville.

Les services de la ville et de la métropole ont été pointés du doigt, ces derniers ayant été informés des risques encourus en raison de l'état très précaire des immeubles. La politique en matière d'urbanisme de l'ancienne municipalité a aussi été visée, lorsque Jean-Claude Gaudin était aux manettes à Marseille. Cette affaire se poursuit aujourd'hui devant la justice, qui a rapidement été saisie. 

Dans l'urgence, près de 5.000 habitants avaient été relogés, vivant jusque-là dans des habitants jugées dangereuses. Une gestion de crise qui appelait de vastes plans d'action afin de lutter contre la vétusté des logements dans la ville. En novembre 2022, les premiers "états généraux du logement" se sont tenus à Marseille, mais d'immenses efforts restent à fournir pour répondre aux problématiques mises en lumière par l'accident rue d'Aubagne.


TD avec AFP

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