Le synode sur l'avenir de l'Église catholique, qui a débuté le 4 octobre, prendra fin ce dimanche.
C'est la première fois que des femmes peuvent voter au Vatican.
Certains espèrent que cette rencontre actera une plus grande place accordée aux croyantes dans le clergé.

C'est une première historique. Le synode sur l'avenir de l'Église catholique, qui a débuté le 4 octobre au Vatican et se clôturera ce dimanche 29 octobre, a pour la première fois donné le droit de vote aux femmes. Bien que la parité soit encore loin d'être atteinte, avec 300 évêques conviés pour 54 religieuses ou laïques, le fait que des femmes soient appelées à exprimer leur voix dans un organe officiel de l'Église catholique romaine constitue une petite révolution, pour une institution réputée conservatrice.

Le synode est une institution consultative qui a vu le jour en 1965 sous la papauté de Paul VI. Sous François, ces rencontres ont d'abord évoqué la famille ou l'Amazonie. Désormais, le pape argentin souhaite qu'elles débattent de l'avenir de l'Église, afin de rendre son fonctionnement plus démocratique. Une deuxième session aura lieu en octobre 2024. Mais attention, un synode n'a pas de pouvoir décisionnel. Les participants de ces deux sessions rendront in fine au Saint-Père un document résultant de leurs travaux, sur lequel il sera invité à s'exprimer et à prendre des décisions.

De très bonnes discussions
Helena Jeppesen-Spuhler, participante du synode

Preuve de l'importance donnée au rôle des femmes dans l'Église, le document indiquant la teneur de ce mois de débats invitait les participants à réfléchir à "comment l'Église de notre temps peut-elle mieux remplir sa mission à travers une plus grande reconnaissance et promotion de la dignité baptismale des femmes", souligne Le Monde. En juin, le Vatican avait indiqué que l'accueil des personnes LGBT, l'ordination de femmes diacres ou encore celle des hommes mariés allaient être débattus.

Au Vatican, les ecclésiastes les plus conservateurs, qui mènent une guerre de l'ombre contre François et ses positions jugées trop libérales, craignent que ce synode ne soit qu'une excuse pour ouvrir progressivement l'Église à ceux qu'elle a longtemps rejetés. Auprès du New York Times, Helena Jeppesen-Spuhler, militante pour l'ordination des femmes, a pourtant indiqué que durant ce mois d'échanges, il y a eu "de très bonnes discussions". "Ce n'a pas été les femmes contre les évêques et les cardinaux. Ce n'est pas ça", a-t-elle ajouté.

Mais même si les conclusions de ces rencontres venaient acter la nécessité de donner aux femmes une plus grande place dans l'Église, le doute reste grand sur ce qu'en fera François, seul véritable décisionnaire au Vatican. En 2019, malgré de nombreux signaux positifs envoyés lors de son pontificat, le pape avait rejeté les propositions d'un précédent synode, qui s'était prononcé en faveur de l'ordination des hommes mariés.


Jules FRESARD

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