Les Sages pointent la nécessité de réformer les Établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.
La prise en charge sanitaire des résidents présente de "notables faiblesses", estiment-ils.

Les conclusions de la Cour des comptes, ce mercredi 16 février, concernant les Ehpad, surviennent en pleine tempête dans le secteur après la parution d'un livre-scandale (Les Fossoyeurs, de Victor Castanet) sur les maltraitances dans ces structures. Dans leur traditionnel rapport annuel consacré au bilan de la gestion de l'épidémie, les Sages pointent les "faiblesses structurelles" des Établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, estimant que le lourd bilan de la crise sanitaire - près de 34.000 morts entre mars 2020 et mars 2021, sur une population totale d'un peu plus de 600.000 personnes - ne s'explique "pas seulement par la fragilité des résidents".

"Le niveau de dépendance des personnes concernées s'accroît, tout comme leurs besoins médicaux", détaille le rapport. Or, leur prise en charge sanitaire présente de "notables faiblesses", beaucoup d'établissements n'ayant pas de médecin coordonnateur, tout en souffrant d'une pénurie de médecins de ville à proximité, et la plupart peinent à recruter et fidéliser un nombre suffisant d'aide-soignants et d'infirmiers. Cette pénurie "peut susciter de réels problèmes de qualité de prise en charge, hors situation de crise", prévient encore la Cour des comptes.

Pendant l'épidémie de Covid-19, l'État et l'Assurance maladie ont apporté un soutien financier massif au secteur, y compris via des dispositifs pérennes, comme les augmentations de salaire décidées dans le cadre du "Ségur de la Santé" - mais qui bénéficient aussi au personnel non soignant, note la Cour. Cet effort financier "aurait pu être l'occasion pour l'État d'engager des réformes structurelles trop longtemps différées" mais "tel n'a pas été le cas", déplore la Cour, sans évoquer spécifiquement le renoncement du gouvernement à présenter une loi spécifique sur ce sujet avant la fin du quinquennat.

Une question d’"organisation" et de "contrôle", selon Véran

Pour améliorer la prise en charge des personnes âgées, le rapport préconise d'agir sur les conditions de travail des personnels (notamment en ce qui concerne la formation, l'évolution des carrières et la prévention des accidents du travail), mais aussi de mieux articuler Ehpad et filières de soins. Les Ehpad ne doivent pas rester "isolés" mais "s'insérer dans un ensemble fonctionnel plus vaste, soit par adossement à un établissement de santé, soit par l'appartenance à un groupe, soit encore par la mutualisation de certaines fonctions", estime la Cour des comptes.

Réagissant à la parution de ce rapport au moment où le secteur est bousculé, après la parution en janvier de Les Fossoyeurs, un livre enquête qui dévoile des maltraitances au sein des Ehpad du groupe Orpea, Olivier Véran a estimé ce mercredi que "la question n’est pas le statut [public ou privé] mais l’organisation et le contrôle" dans ces structures. "Je suis comme tous les Français : si un de mes proches pouvait rester à la maison, je mettrais tout en œuvre pour qu’il puisse rester à la maison", a-t-il par ailleurs expliqué, soulignant que "c'est la politique que nous menons et que nous portons" au gouvernement.


La rédaction de TF1info

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