Orpea : pourquoi une quinzaine d'Ehpad sont en grève à partir de ce vendredi

Publié le 3 juin 2022 à 8h01

Source : JT 20h WE

Le groupe spécialisé dans l'hébergement des personnes âgées fait à nouveau parler de lui, quelques mois après un scandale qui l'a ébranlé.
D'après la CGT, les salariés d'une quinzaine d'Ehpad feront grève ce vendredi 3 juin pour protester contre le non-versement de la prime d'intéressement en 2022.

Les salariés d'une quinzaine d'établissements Orpea ont lancé des mouvements de grève après la décision, mi-mai, du groupe de ne pas verser de prime d'intéressement cette année, a annoncé, lundi 30 mai, la CGT, qui appelle à la grève à partir de vendredi 3 juin dans l'ensemble des Ehpad du groupe. Plus de 15 Ehpad, sur 227 au total en France, se sont déjà déclarés en grève auprès de la CGT. "Dans certains établissements, il s'agit d'un jour de grève, dans d'autres davantage", a indiqué à l'AFP Dominique Chave, secrétaire général de la CGT "santé privée".

Par ailleurs, les personnels de "dizaines" d'autres maisons de retraite se préparent pour une grève plus large, prévue à partir de vendredi matin, a précisé le syndicat dans un communiqué. Dans la tourmente depuis la sortie, en janvier, du livre-enquête Les Fossoyeurs, la direction de l'entreprise a certifié de son côté à l'AFP que ses résultats financiers "ne permettaient malheureusement pas de verser un intéressement cette année". Habituellement, cette prime était d'environ 700 euros, selon la CGT.

La prime "Macron" de 1000 euros comme promesse

En revanche, Orpea s'apprête à verser une "prime exceptionnelle de pouvoir d'achat" (Pepa), dite prime "Macron", de 1000 euros par salarié, a ajouté la direction, précisant que la décision avait été prise "avant même l'annonce de ce mouvement de grève".

Avec la prime, "l'objectif est de préserver le pouvoir d'achat des collaborateurs", et d'"aller au-delà de ce qui avait été versé les années antérieures, pour reconnaître le travail accompli par tous", a poursuivi la direction du groupe. Mais selon Keline Sivabier, déléguée syndicale nationale CGT, les salariés toucheront moins que les années précédentes, où ils avaient reçu l'intéressement en plus de la prime Pepa.

Pour les salariés, cette prime manquante "représente les vacances qui, cette année, n'auront pas lieu". "Sacré culot pour cette nouvelle direction et ce nouveau DRH que d'agir ainsi face à des personnels aux petits salaires qui ont tant donné et continuent de donner", a fustigé le syndicat. "Orpea continue de faire des bénéfices, mais provisionne en vue des contentieux" ouverts sur des soupçons de maltraitance institutionnelle ou d'infractions financières après les révélations de Victor Castanet dans Les Fossoyeurs. "Les salariés en ont ras-le-bol de devoir payer pour les abus d'Orpea", affirme Dominique Chave.


Idèr NABILI

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