Pourquoi Paris ne fait plus rêver les cadres

Publié le 29 août 2017 à 17h47
Pourquoi Paris ne fait plus rêver les cadres

Source : AFP

ETUDE - Paris, la plus belle ville du monde ? Si la réponse est souvent oui pour de nombreux touristes, les choses se corsent quand la question est directement posée aux Franciliens. C’est en tous cas ce que révèle l’étude annuelle de Cadremploi sur les villes préférées des cadres parisiens.

Alors oui, Paris est peut-être la plus belle ville du monde, mais... vu de loin.  C’est en tout cas ce que peut suggérer la dernière étude de Cadremploi, publiée ce mardi matin. La structure d’aide de retour à l’emploi pour les cadres s’est en effet penchée, comme chaque année depuis cinq ans, sur les villes préférées des cadres. Logements trop chers, pollution, stress… Une majorité d’entre eux souhaite aujourd’hui quitter Paris pour Bordeaux, Nantes ou encore Lyon. Leur but ? Améliorer avant tout leur qualité de vie et leur bien-être quotidien. Décryptage.

Paris ne fait plus rêver...

C’était déjà une tendance l’an dernier, et ça s’est confirmé : Paris ne fait plus rêver... ou tout du moins, ne fait plus rêver les cadres qui y habitent. Alors oui, certains reconnaissent tout de même des points forts à la Ville lumière : l’accessibilité rapide à tous les services (53%), l’intérêt de leur job (49%) ou encore la vie culturelle (49%). Mais 55% des personnes interrogées "ne sont aujourd’hui pas satisfaites de leur vie actuelle", précise Cadremploi.

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Les transports, fléau numéro 1 des Parisiens

Des infrastructures parfois vétustes, des retards réguliers ou des embouteillages intempestifs... font que 68% des cadres dénoncent les temps de transport comme raison première de leur insatisfaction. Un chiffre qui s’élève - sans surprise - à 84% chez les habitants de banlieue et à 76% chez les personnes avec deux enfants. Il faut dire qu’ils ont de quoi se plaindre : pour 7 cadres sur 10, le temps de transport est en effet de plus d’une heure pour un aller-retour.

Et il n’y a pas que les transports

La durée des trajets, qui est une grosse source de stress, n’est pas le seul motif d’insatisfaction. Suivent le coût de la vie (dénoncé par 55% des sondés) et les problèmes de logement (53%) sur le podium des points de mécontentement, en particulier chez les personnes vivants dans Paris intramuros.

Du coup, 80% des cadres veulent bouger

Forts de ce constat, 80% des cadres interrogés envisagent sérieusement une mobilité régionale. "Une tendance qui se confirme notamment auprès des personnes en couple, locataires et avec un enfant", précise Cadremploi. "Ce désir de changement de vie semble d’ailleurs pressant pour une majorité d’entre eux puisque 94% souhaitent faire leurs valises d’ici 5 ans, dont 40% dans moins d’un an."

Au point qu'ils sont prêts à des grosses concessions

90% des cadres sont prêts à d’importantes concessions pour vivre et travailler en région : 56% accepteraient une baisse de salaire (58% sacrifieraient jusqu’à 5000 euros annuels brut, soit 10% de leurs revenus). En toute logique, il s’agit d’une tendance particulièrement forte chez les hauts revenus, puisque 68% des cadres prêts à concéder une baisse gagnent plus de 90.000 euros par an. D’autres accepteraient une reconversion professionnelle (48%) ou un niveau de poste moins élevé (35%).

Le pied ? Aller à Bordeaux

La capitale girondine est une nouvelle fois plébiscitée par 6 cadres parisiens sur 10 (58%), devant Nantes (43%) et Lyon (40%). Toulouse (32%) et Montpellier (27%) restent stables en se positionnant respectivement à la 4e et 5e position. Paris se fait quant à elle doubler par Brest (7%) et Rouen (8%), et ferme ainsi la marche du podium des villes préférées des cadres, en remportant seulement 6% des suffrages. 

Si Bordeaux attire particulièrement les cadres pour son dynamisme économique (65%), la ville du Sud-Ouest répond également à de nombreux critères mis en avant par les sondés lorsqu’ils sont interrogés sur leur choix et leur désir de changement : 91% recherchent un meilleur cadre de vie (nature, mer, montagne), 67% un équilibre vie professionnelle/vie personnelle, 48%  un climat ensoleillé, et 39% des prix attractifs en termes immobilier.


La rédaction de TF1info

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