La Première ministre Élisabeth Borne a présenté mardi le projet de réforme des retraites, marqué par l'allongement de l'âge légal de départ à 64 ans.
Une mesure qui provoque la gronde des syndicats et d'une partie de la classe politique, très éloignée des espoirs des Français du siècle dernier.
Sous le général de Gaulle, ils espéraient une retraite à 50 ans dès l'an 2000.

Un rêve devenu illusoire. Cette semaine, la Première ministre Élisabeth Borne a présenté aux Français le projet de réforme des retraites du gouvernement, avec la mesure promise par Emmanuel Macron avant sa réélection : le report de l'âge légal de départ à 64 ans. Un ajustement qualifié de "nécessaire" par les défenseurs de la réforme et d'"injuste" par ses détracteurs, alors que les organisations syndicales ont appelé à la mobilisation dès le 19 janvier.

Travailler plus, le souhait du gouvernement, était loin d'être le rêve imaginé par les Français il y a 55 ans. En février 1968, sous le général de Gaulle, l'Ifop réalise un sondage pour savoir comment la population imagine la France du travail en l'an 2000. Parmi les questions posées : celle des retraites. Les Français interrogés rêvent alors d'une vie active raccourcie.

"Le sens du progrès social"

"Une large majorité de Français pense que l'âge de la retraite sera abaissé à 50 ans", lance Michel Brulé, alors directeur de l'Ifop, dans un extrait révélé par l'INA. L'abaissement de l'âge de départ à la retraite "est un point dont nous avons eu l'occasion de constater combien l'opinion française y est profondément attachée", explique-t-il. "C'est perçu comme le sens dans lequel doit aller le progrès social."

À l'époque, l'âge de départ à la retraite à taux plein est fixé à 65 ans pour les professions ayant accès au fameux système par répartition, né en 1945 (certaines professions ou catégories de population en étaient alors exclues), qu'Élisabeth Borne entend défendre. Il faut dire que l'espérance de vie à la naissance était en 1968 de 67,8 ans pour les hommes, et 75,2 ans pour les femmes, selon l'Insee, soit une dizaine d'années de moins qu'actuellement.

Si l'âge légal de départ à la retraite a bien été abaissé au fil du XXe siècle (il est passé à 60 ans en 1983), il a depuis été remonté à 62 ans (en 2010), puis 64 ans si la réforme du gouvernement est votée. "Il serait prudent de dire aux téléspectateurs qu'il est peu vraisemblable que ce soit dans cette direction que se fasse l'évolution", tempérait Michel Brulé en 1968. Une précaution bien utile, au regard de l'histoire.


Idèr NABILI

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