EN DIRECT - Colère des agriculteurs : "Il n'y pas de deux poids, deux mesures", affirme Gérald Darmanin sur TF1

Publié le 24 janvier 2024 à 6h00, mis à jour le 25 janvier 2024 à 23h03

Source : JT 20h Semaine

Deux syndicats d'Île-de-France appellent au "blocus de Paris" ce vendredi 26 janvier.
Une action coup de poing qui "doit être un dernier recours", prévient la direction nationale des JA.
De premières mesures seront annoncées par Gabriel Attal pour tenter de calmer la colère.
Suivez en direct les dernières informations sur le "ras-le-bol agricole".

Ce live est à présent terminé. 

ON FAIT LE POINT

La colère des agriculteurs s'intensifie dans le pays. Ce vendredi 26 janvier, de nombreux points de blocages sont encore prévus sur les routes de France. TF1info fait le point.

GÉRALD DARMANIN

Le ministre de l'Intérieur était l'invité du 20H de TF1 ce jeudi. Il est revenu sur la colère des agriculteurs et les manifestations qui se déroulent actuellement en France. Face aux opérations chocs menées devant certaines préfectures, Gérald Darmanin a appelé à avoir "une grande compassion" avec les professionnels.

"J'AI CONFIANCE DANS LES AGRICULTEURS"

Interrogé sur le risque de débordement dans les manifestations, et notamment les blocages à Paris, Gérald Darmanin a assuré, sur le plateau du 20H que des forces mobiles avaient été disposées près de lieux publics. Mais, il a assuré avoir "confiance en nos agriculteurs". "Je sais que leur métier est un métier difficile, essentiel pour les Français, et si jamais ils respectent - et ils le feront parce que ce sont des patriotes - les règles de la République, il n'y a aucune raison pour que la police ou la gendarmerie intervienne".  


Une politique qu'il compare avec les récentes manifestations de mouvements écologistes, où les forces de l'ordre étaient largement intervenues. "Quand on tire au mortier ou à la boule de pétanque, comme les écologistes radicaux, évidemment que je fais intervenir les forces de l’ordre", a-t-il soufflé en conclusion.

"PAS DEUX POIDS DEUX MESURES"

Interrogés sur un possible "deux poids deux mesures", notamment évoqué en comparant les manifestations des agriculteurs et celles de mouvements écologistes, Gérald Darmanin a assuré, dans le 20H de TF1 qu'il "n'y a pas deux poids, deux mesures". "Lorsqu'ils ont des revendications (...) il faut les entendre. On ne répond pas à la souffrance en envoyant les CRS", a affirmé le ministre de l'Intérieur. 


"J'ai indiqué aux préfets que si les bâtiments publics, les gendarmes, les policiers étaient pris à partie, évidemment que nous interviendrons", a ajouté Gérald Darmanin avant d'assurer qu'il y a "une grande compassion à avoir avec nos agriculteurs". 

"ILS ONT LE DROIT DE REVENDIQUER"

Sur le plateau du 20H de TF1, Gérald Darmanin est revenu sur les manifestations des agriculteurs. "Ils souffrent et ils ont le droit de revendiquer", a-t-il assuré. "Est-ce qu'on doit les laisser faire sans envoyer les CRS ? Oui", a-t-il répondu. "Est-ce que les agriculteurs s'en prennent aux policiers et aux gendarmes ? Est-ce qu'ils s'en prennent aux bâtiments publics ? Ce n'est pas le cas", a-t-il assuré, alors que plusieurs opérations ont été menées ces derniers jours devant des préfectures françaises, notamment à Agen avec du fumier projeté sur la façade du bâtiment et des feux allumés devant les grilles du site ou encore à Bordeaux, où ils ont forcé les grilles d'entrée.

HOMMAGE À ALEXANDRA

Invité dans le 20H de TF1, Gérald Darmanin a rendu hommage à l'agricultrice tuée sur un barrage en Ariège, ainsi que sa fille de 12 ans. "J'ai une pensée pour cette femme, cette fille très jeune qui sont mortes" et a adressé ses condoléances à leur famille.

BORDEAUX

Une soixantaine de tracteurs ont convergé ce soir vers le quartier des institutions à Bordeaux, où des agriculteurs ont allumé des feux de paille et de palettes devant la préfecture et le conseil départemental, ont constaté des journalistes de l'AFP. Ils ont également bloqué l'entrée d'un parking souterrain de la préfecture avec des pneus de tracteurs. Du fumier a aussi été déversé devant l'hôtel de région, où quelques agriculteurs ont fait mine d'essayer de pénétrer avant de rapidement faire machine arrière. 


Les manifestants sont repartis vers 19h30 après avoir aussi provoqué une interruption du trafic d'une ligne du tramway avec leurs tracteurs. D'autres lignes de tram ont enregistré des retards et des bus ont été détournés, selon l'opérateur métropolitain TBM.

Urgent

GABRIEL ATTAL EN GIRONDE

Selon des sources concordantes à LCI et TF1, le Premier ministre Gabriel Attal prévoit de se rendre demain après-midi en Haute-Garonne pour faire ses annonces sur l'agriculture en réponse à la crise. Il sera accompagné du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau. 

"OBSTACLE"

La crise qui secoue le monde agricole en Europe pourrait constituer un "obstacle" à la conclusion d'un accord commercial entre l'UE et le Mercosur, a averti jeudi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. "Nous devons voir si la crise actuelle de l'agriculture européenne ne signifie pas un obstacle de plus sur le chemin", d'un accord entre les deux puissances commerciales, a déclaré M. Borrell devant des parlementaires européens et sud-américains.


Après vingt ans de négociations, "la balle est maintenant dans le camp de l'Europe. C'est à nous de dire si nous voulons ou non" cet accord, a-t-il souligné lors d'une réunion au Parlement européen à Bruxelles. Car pour le responsable européen, la volonté de signer cet accord de la part des pays latino-américains n'a jamais été aussi forte.

FUMIER ET CAGETTES EN GIRONDE

En Gironde, les agriculteurs ont déversé du fumier, du foin et des cagettes devant la préfecture à Bordeaux.

SEINE-ET-MARNE

La préfecture Seine-et-Marne prévient ce soir que plusieurs axes de circulation seront perturbés demain, notamment à Fontainebleau, à Coulommiers ou encore à Meaux et au Plessis-Placy. "Évitez ces secteurs et restez informés sur le trafic" via Bison Futé, écrit encore la préfecture du X.

REPORTAGE

Point de départ de la grogne agricole la semaine passée, l’A64 (Toulouse-Bayonne) est toujours coupée à hauteur de Carbonne.  Ce jeudi soir, cela fera une semaine. Les automobilistes prennent leur mal en patience.

LA SUISSE VA-T-ELLE ENTRER DANS LE MOUVEMENT ?

L'Union suisse des paysans (USP) veut elle aussi faire entendre "la frustration du monde paysan", affirme-t-elle aujourd'hui dans un communiqué, disant "partager les revendications" des agriculteurs dans les autres pays en Europe. "Les problèmes de fond" auxquels sont confrontées les exploitations des pays voisins "ne sont pas inconnus en Suisse", a déclaré cette organisation qui représente les intérêts des agriculteurs dans le pays alpin en relevant qu'"après l'Allemagne, les protestations du secteur agricole ont désormais atteint la France".


L'USP évoque aussi bien "le bas niveau des revenus agricoles", une "pression économique forte", "des exigences toujours nouvelles avec compensation uniquement partielle des coûts supplémentaires" mais aussi "un manque d'estime" pour la profession. L'organisation agricole ne s'étonne donc pas qu'une "petite goutte d’eau, comme la suppression d'une réduction de la taxe sur les carburants agricoles", suffise à "faire déborder le vase", indique-t-elle dans le communiqué. 

NOUVELLES ACTIONS À AGEN

Après le fumier déversé hier à Agen, les agriculteurs ont visé cette fois le centre-ville et la gare de la commune du Lot-et-Garonne. Le trafic SNCF a d'ailleurs été interrompu. Des pneus et du fumier a été déversé devant le site.

Colère agricole : de nouvelles actions à AgenSource : TF1 Info

INQUIÉTUDES

Sur X, le syndicat Confédération Paysanne, qui soutient le mouvement des agriculteurs, mais se montre en désaccord avec certaines revendications formulées par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs auprès du gouvernement, s'inquiète de la situation. "Les revendications du terrain ne sont pas concentrées sur le détricotage de normes environnementales, mais sur le revenu paysan issu de notre activité agricole", pointe-t-il. "Le gouvernement risque de se contenter de mesures symboliques et d'affaiblissement de normes, en accord avec la FNSEA", dénonce-t-il notamment.


"Notre préoccupation première commune à tous les paysans est bien de vivre dignement de notre métier, pas de pouvoir utiliser plus de pesticides, détruire des haies ni être compétitif avec des élevages ukrainiens d'un million de poulets", assure encore Confédération Paysanne.

MANIFESTATION DANS L'HÉRAULT

La préfecture de l'Hérault prévient qu'une manifestation aura lieu demain, avec une circulation fortement perturbée dans le département. Les autorités appellent "les usagers de la route à la plus grande prudence et à respecter les consignes de sécurité données sur place". 

POINT SUR LA CIRCULATION

Le réseau Vinci Autoroutes a publié un point de situation sur les blocages sur ses axes à 16h. Dans le détail :

 

◾ Coupure de l’autoroute A7 entre Avignon et Chanas

◾ Coupure de l’A9 dans le secteur de Nîmes et de Gallargues dans les deux sens

◾ Coupure de l’A9 à la hauteur de la bifurcation A9/A75 en direction de Lyon

◾ Coupure de l’A61 au niveau de Villefranche-de-Lauragais en direction de Toulouse

◾ Coupure de l’A62 entre Agen et Montauban dans les deux sens

◾ Coupure de l’A20 dans le secteur de Montauban dans les deux sens

◾ Coupure de l’A89 dans le secteur de Périgueux dans les deux sens

◾ Coupure de l’A10 et de l’A837 dans le secteur de Saintes et Tonnay-Charente dans les deux sens

◾ Coupure de l’A10 dans le secteur de Poitiers dans les deux sens

◾ Coupure de l’A83 au niveau de la sortie Les Essarts

◾ Coupure de l’A87 à la hauteur de la sortie Les Herbiers et de la sortie La Roche sur Yon Est

◾ Coupure de l’A11 dans le secteur de Chartres en direction de Paris

◾ Coupure de l’A63 dans le secteur de Bayonne dans les deux sens

◾ Coupure de l’A64 au niveau de Peyrehorade dans les deux sens

◾ Coupure de l’A51 entre Sisteron et Meyrargues dans les deux sens

◾ Coupure de l’A54 entre Salon de Provence et Arles dans les deux sens.


"Dans les zones concernées par les manifestations, le réseau secondaire est particulièrement saturé et la circulation très difficile du fait du report de trafic", indique également la société sur X. 

"ILS ONT RAISON"

Les agriculteurs en colère "ont raison de monter jusqu'à Paris" tant qu'ils n'ont pas de réponses du gouvernement, a estimé le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel, à l'issue d'un entretien avec Gabriel Attal.


"Ils nous nourrissent, or ils ne peuvent pas vivre de leur travail et donc ils ont raison de monter jusqu'à Paris, de menacer de faire un blocus pour se faire entendre", a affirmé à quelques journalistes le responsable communiste après une heure d'échange avec le Premier ministre. Fabien Roussel a été reçu avec André Chassaigne, chef de file des députés communistes, et Cécile Cukierman, son homologue au Sénat, dans le cadre d'entretiens souhaités par Gabriel Attal pour préparer sa déclaration de politique générale prévue mardi.

DU FUMIER EN CENTRE-VILLE

Des cargaisons de fumier, paille et vieux pneus ont été déversées à un carrefour très fréquenté du centre-ville de Grenoble par des agriculteurs qui tentaient de se rendre à la préfecture de l'Isère, a constaté l'AFP. Arrivés en fin de matinée devant la Direction départementale des territoires (DDT) de l'Isère, au centre-ville, quelque 500 d'entre eux, venus en trois convois de différents territoires de l'Isère, ont bloqué avec leurs tracteurs et bétaillères une grande avenue et les voies du tram.


Puis en début d'après-midi, une colonne de plusieurs dizaines de tracteurs avec remorques, arborant des drapeaux des syndicats agricoles et des panneaux de villes retournés, a pris la direction de la préfecture, klaxonnant et haranguant les passants. "C'est à la préfecture qu'il faut aller pour être entendus", a expliqué l'un des agriculteurs à l'AFP.


Le cortège a été bloqué à un carrefour dans une rue très commerçante du centre-ville par un barrage de police alors qu'il ne se trouvait plus qu'à environ 200 mètres de la préfecture. Après avoir brièvement discuté avec les policiers, les agriculteurs ont manoeuvré leurs engins en klaxonnant et ont déversé les déchets fumants et les pneus sur place, tandis que la foule les saluait, voire les encourageait à "revenir avec plus de cargaison". Ils ont ensuite fait demi-tour et sont repartis sans intervention de la police.

LOIS EGALIM

Le non-respect des lois Egalim I et II revient souvent parmi les motifs de colère des agriculteurs.vAu nombre de trois, depuis 2018, elles sont censées protéger les revenus des agriculteurs, notamment face aux distributeurs.

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