La réforme des retraites présentée, oppositions et syndicats vent debout

EN DIRECT - Réforme des retraites : les discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux reprendront le 7 janvier

Publié le 23 décembre 2019 à 19h18, mis à jour le 5 mars 2020 à 17h18
JT Perso

CALENDRIER - Alors que la grève dans les transports se poursuivra à Noël, le gouvernement a convié l'ensemble des partenaires sociaux à une reprise de la concertation le mardi 7 janvier. D'autres réunions plus ciblées sont programmées les jours suivants.

VOLET ORGANIQUE ADOPTÉ


En l'absence de l'opposition, l'Assemblée nationale a adopté jeudi le volet organique de la réforme des retraites, marquant la fin d'un premier marathon parlementaire après une bataille acharnée d'un mois dans l'hémicycle. Ce volet impose notamment l'équilibre financier du système. 


Deux jours après l'adoption en première lecture du volet principal via le recours à l'arme du 49-3, les députés ont voté le projet de loi organique par 98 voix contre une. Les oppositions de gauche, dénonçant une "mascarade", puis LR, faute de vote solennel, avaient quitté l'hémicycle avant le scrutin.

COUP D'ÉCLAT

Quelques jours après que les deux groupes majoritaires ont quitté l'Assemblée pour protester face à ce qu'elle qualifiait d'"obstruction parlementaire" de la part de la France insoumise et du PCF, c'est au tour des groupes de gauche de quitter l'hémicycle. D'un bloc, les deux groupes susmentionnés et celui du Parti socialiste, dénonçant "une mascarade de démocratie", ont quitté leurs sièges en plein examen du projet de loi organique sur la réforme des retraites. 


Reprochant leurs réponses "lacunaires" au gouvernement et à la rapporteure Cendra Motin, c'est le député PCF Sébastien Jumel qui a sonné la charge : "Soit on vous laisse dérouler tranquillou ce mauvais projet", soit "nous considérons que les choses vont se jouer ailleurs", a-t-il posé, prédisant une "raclée monumentale" à LaRem aux municipales.


Dénonçant un "simulacre de démocratie", Clémentine Autain a suivi son confrère, reprenant "les termes de l'écrivaine Virginie Despentes : nous aussi on se lève et on se barre !" Fin de la rébellion avec Valérie Rabault, patronne des députés PS, qui a annoncé que son "groupe quittera lui aussi l'hémicycle". 


La veille, les groupes d'opposition s'étaient déchaînés contre la majorité, qui avait refusé de voter, en commission, la mise en place d'une commission d'enquête sur l'étude d'impact commandée par le gouvernement sur les incidences financières et démographiques de sa réforme.

NOUVELLE DÉFECTION À LAREM


La députée apparentée LaREM Albane Gaillot a définitivement quitté le groupe mercredi, après avoir critiqué le recours au 49-3 sur la réforme des retraites et voté la motion de censure de gauche contre le gouvernement, indiquent des sources parlementaires de l'AFP. L'élue du Val-de-Marne a officialisé son départ mercredi matin, alors qu'un bureau du groupe majoritaire devait se tenir à la mi-journée et évoquer sa situation. Cette défection fait passer les effectifs des LaREM et apparentés à 297 à l'Assemblée nationale, tandis que la majorité absolue est à 289 sièges. À noter toutefois qu'en comptant l'allié du MoDem et ses 46 députés, la majorité peut s'appuyer sur 343 élus sur 577.

SONDAGE


D'après un sondage YouGov pour le Huffington Post, conduit les 2 et 3 mars, 58% des Français sont opposés au nouveau système de retraites voulu par le gouvernement. Ils sont même 60% à être opposés à la réforme, soit neuf points de plus qu'au mois de février, selon la même étude. Un désaveu qui se retrouve d'autant plus chez les femmes (62%). Après l'usage du 49-3, ils ne sont plus que 28% à soutenir le gouvernement, un chiffre en baisse de sept points par rapport au mois dernier.

Les deux motions de censure ont été rejetées, hier soir, à l'Assemblée nationale.

Les deux motions de censure rejetéesSource : TF1 Info
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