EN IMAGES - Retraites : cortèges fournis, échauffourées, rues embrasées... Retour sur une journée de fièvre

par M.G
Publié le 23 mars 2023 à 23h24, mis à jour le 24 mars 2023 à 7h25

Source : JT 20h Semaine

À Paris comme en régions, des centaines de milliers de personnes ont battu le pavé jeudi.
Des manifestations émaillées par des épisodes de violence.
Retour, en images, sur cette journée du 23 mars.

La colère s'est fait entendre dans les rues françaises ce jeudi 23 mars. Après l'utilisation, par le gouvernement, de l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter la réforme des retraites, des milliers de personnes ont répondu à l'appel à manifester de l'intersyndicale. Un total de 1,089 million de Français ont défilé dans l'Hexagone, a indiqué le ministère de l'Intérieur. Du côté des syndicats, ils étaient trois fois plus nombreux (3,5 millions de personnes). Si les chiffres divergent, ils traduisent tout de même un net rebond de la participation après des journées plus contrastées ces dernières semaines. 

Cortège parisien contre la réforme des retraites, le 23 mars.
Cortège parisien contre la réforme des retraites, le 23 mars. - Emmanuel DUNAND / AFP

À Paris, comme dans le reste du pays, le cortège était particulièrement garni. La CGT a dénombré 800.000 manifestants dans la capitale, contre 119.000 pour la préfecture. La mobilisation a battu un record dans la capitale, depuis le début du mouvement. Plus que jamais, de nombreuses pancartes s'en prenaient directement à Emmanuel Macron, accusé de ne pas entendre la grogne sociale. 

Policiers en action à Paris, le 23 mars.
Policiers en action à Paris, le 23 mars. - Alain JOCARD / AFP

En parallèle, la tension est montée d'un cran, avec de nombreux accrochages entre protestataires et forces de l'ordre. Plus d'un millier de black blocs, dont "beaucoup sont connus de l'ultra-gauche" selon Gérald Darmanin, ont été recensés par les autorités dans la seule ville de Paris. "Nous sommes actuellement à 149 blessés chez les policiers et gendarmes", soit "plus de 350 depuis le début des manifestations" contre la réforme des retraites, a dénoncé dans la soirée le ministre de l'Intérieur. Plus de 170 interpellations, dont 103 dans la capitale, ont été effectuées. 

Façade d'un immeuble en feu à Paris, le 23 mars.
Façade d'un immeuble en feu à Paris, le 23 mars. - Anna KURTH / AFP

Comme depuis plusieurs jours, les rues parisiennes se sont embrasées. En tout, selon un premier bilan de Beauvau, près de 200 incendies ont été recensés dans la capitale. Parmi les plus marquants, l'impressionnant feu allumé tout près de la façade d'un immeuble rue Saint-Marc, dans le quartier de l'Opéra.

Une rue parisienne jonchée de déchets, en marge de la manifestation du 23 mars.
Une rue parisienne jonchée de déchets, en marge de la manifestation du 23 mars. - Stefano RELLANDINI / AFP

Ces mouvements de foule ont aussi mis en lumière, dans un contexte de grève des éboueurs, l'immense volume de déchets qui jonchent les rues de Paris. Ces sacs-poubelles non ramassés constituent d'ailleurs une cible de choix pour les manifestants, qui n'hésitent pas à y mettre le feu. 

Utilisation de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre à Lyon, le 23 mars.
Utilisation de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre à Lyon, le 23 mars. - JEFF PACHOUD / AFP

En province aussi, les débats ont été particulièrement tendus. Victimes de jets de projectiles et mis sous pression par les contestataires, policiers et gendarmes ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Des canons à eau ont aussi été utilisés. De quoi donner lieu à des scènes de chaos, comme sur la place Bellecour, à Lyon. 

"Il y a eu énormément de dégradations de bâtiments publics. Elles sont très importantes", a dénoncé jeudi Gérald Darmanin. Que ce soit à Paris ou dans d'autres grandes villes, comme à Rennes ou à Lille, certains manifestants s'en sont pris à certains symboles des institutions et à des grandes enseignes. 

L'hôtel de police et la sous-préfecture ont été attaqués à Lorient. À Bordeaux, c'est le porche de la mairie qui a été brièvement incendié. Le feu, déclenché volontairement, a duré une quinzaine de minutes, endommageant la porte massive en bois de l'édifice, avant d'être éteint par les pompiers, a expliqué sur place le maire EELV Pierre Hurmic. "C'est la maison des Bordelais, je ne vois pas tellement le symbole qu'il y a derrière", a déclaré l'élu qui s'est dit "très choqué", a fustigé l'édile. L'entrée du bâtiment, fragilisée, va "être consolidée pour qu'elle fonctionne dans les meilleurs délais", alors que le roi d'Angleterre Charles III doit s'y rendre mardi dans le cadre de sa première visite à l'étranger en tant que souverain. 


M.G

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