Endométriose, fausse couche... Carrefour instaure des congés spéciaux pour ses salariées

par A. Lo.
Publié le 19 avril 2023 à 9h05, mis à jour le 19 avril 2023 à 12h35

Source : TF1 Info

Le groupe Carrefour a décidé d'octroyer 12 jours de congés supplémentaires aux salariées atteintes d'endométriose, maladie qui touche une femme sur dix en France.
Le dispositif devrait entrer en vigueur dès cet été.
L'entreprise proposera aussi trois jours de congés supplémentaires en cas de fausse couche.

C'est un dispositif inédit qui va être mis en place au sein d'une grande entreprise française. Alors qu'on estime qu'une femme sur dix est atteinte d'endométriose, la plupart sont obligées de souffrir en silence au travail. Pour lutter contre cette inégalité, le groupe Carrefour a décidé d'octroyer 12 jours de congés supplémentaires par an aux salariées atteintes de cette maladie.

"Pour faire progresser les droits de femmes et l'égalité au travail, nous avons décidé (...) d'accorder 12 journées d'absence aux femmes souffrant d'endométriose, soit un jour par mois", déclarait ainsi lors d'une conférence de presse le PDG du groupe, Alexandre Bompard. Cette mesure va notamment bénéficier aux "50.000 femmes qui travaillent tous les jours dans les magasins de Carrefour en France", a détaillé le PDG, qui espère ainsi "changer le quotidien de nos collègues pour que ces femmes puissent s’épanouir dans le travail sans craindre d'être ostracisées par leur santé".

C'est une maladie qu'on ne peut pas laisser à la porte de l'entreprise
Yasmine Candau, présidente d'EndoFrance

"C'est une maladie qu'on ne peut pas laisser à la porte de l'entreprise. Donc c'est important aujourd'hui d'avoir conscience que ça impacte le quotidien de nombreuses femmes", s'est félicitée Yasmine Candau, présidente de l'association EndoFrance, alors que cette maladie gynécologique pouvant provoquer des règles douloureuses et abondantes commence tout juste à devenir une affection reconnue et correctement diagnostiquée.

Le groupe Carrefour devrait mettre en place ce dispositif dès cet été. Pour bénéficier de ces jours d'"absence médicale autorisée", les salariées devront présenter "un document attestant la situation de handicap reconnu par l'entreprise (Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH), carte d'inclusion ou attestation d'invalidité délivrée par la CPAM)", précise le groupe dans un communiqué. Il proposera par ailleurs trois jours de congés supplémentaires en cas de fausse couche et un jour après l'implantation d'un embryon dans le cadre d'une Procréation Médicalement Assistée. 

Si ces mesures sont reconnues comme des avancées par certaines associations, elles mettent en avant la nécessité que chaque acteur prenne part au processus. "Parce que quand on ne voit pas, on n'apprend pas à connaître, on n'entend pas, tout simplement. Des sensibilisations au niveau de chaque manager, au niveau des ressources humaines doivent avoir lieu, doivent faire prendre conscience de la réalité des choses", souligne encore Yasmine Candau.

C'est pourquoi le groupe Carrefour souhaite mener en parallèle de ce dispositif une campagne de mobilisation auprès de ses salariés. "Nous avons l’espoir secret que cette décision porte au-delà de Carrefour, qu’elle ait un effet d’entraînement, que d’autres entreprises s’en emparent", a d'ailleurs ajouté Alexandre Bompard. La précarité des femmes pourrait même être reconnue et entrer dans la loi. Des députés Europe Écologie-Les Verts souhaitent ainsi déposer une proposition de loi le 26 mai prochain à l'Assemblée pour créer un congé menstruel.

En attendant, le groupe compte également étendre les mesures aux salariées de Carrefour en dehors de la France, alors que "200.000 femmes travaillent actuellement" pour le groupe. Des annonces devraient prochainement être faites concernant l'Italie et l'Espagne, a précisé Alexandre Bompard. Interrogé sur le coût de cette mesure pour l'entreprise, le dirigeant n'a pas voulu chiffrer la mesure, indiquant que ce "coût additionnel n'est pas un sujet pour Carrefour".


A. Lo.

Tout
TF1 Info