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Chauffage recommandé à 19°C cet hiver : vers des sanctions en cas de non-respect ?

Thomas Deszpot
Publié le 27 septembre 2022 à 15h18
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Elisabeth Borne l'a rappelé ces derniers jours : "La règle, c'est de se chauffer à 19 °C."
Une consigne qui s'applique au-delà des particuliers.
Faut-il s'attendre à des sanctions cet hiver, à l'instar de la Suisse, si cette consigne n'est pas respectée ?

Au fil des interviews, les membres du gouvernement tentent de faire passer des messages aux Français et de les inciter à faire évoluer leurs habitudes en matière de consommation d'énergie. En toile de fond, les autorités redoutent des pénuries d'énergie, causées par la guerre en Ukraine d'un côté et la mise à l'arrêt d'un grand nombre de réacteurs nucléaires. Invitée de BFMTV, la Première ministre a rappelé une consigne simple, importante à l'approche de l'hiver : "La règle", a-t-elle insisté, "c'est de chauffer à 19 degrés". 

Si Bruno Le Maire entend donner l'exemple et assurer qu'il portera des "cols roulés", des Français font d'ores et déjà savoir sur les réseaux sociaux qu'ils ne comptent pas suivre ces recommandations. Alors qu'en Suisse, les autorités planchent sur des sanctions infligées aux récalcitrants, pourrait-on observer une sévérité semblable dans l'Hexagone ?

Convaincre plutôt que contraindre

Le média suisse Blick rapportait il y a quelques jours que les cantons helvètes "ont pris position dans une lettre au Conseil fédéral sur les recommandations en matière d'économies d'énergie". Et souligne que, "fait marquant, ils demandent des sanctions uniformisées à l'échelle du pays au cas où les règles fédérales ne seraient pas respectées". Les cantons souhaiteraient que des "amendes d'ordre" puissent se voir infligées aux contrevenants : ainsi, "les infractions légères pourraient être sanctionnées facilement".

Si nos voisins, tout aussi préoccupés par les possibles pénuries d'énergie à venir, réfléchissent actuellement à des moyens coercitifs pour réaliser des économies, faut-il s'attendre à ce que la France fasse de même ? Le ministère de la Transition énergétique, sollicité par TF1info, se montre très prudent sur la question. "L'idée est plutôt d'accompagner les foyers", assure-t-on dans l'entourage d'Agnès Pannier-Runacher. "Notre philosophie, c'est que la sobriété soit accompagnée d'une acceptation par les gens. C'est aussi pour ça qu'on a en premier lieu communiqué en disant : 'On va déjà nettoyer devant notre porte et voir ce que l'on peut faire du côté des parties prenantes de l'État.'".  

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On comprend bien, dès lors, que ces sanctions ne sont pas envisagées dans l'Hexagone. "Il ne s'agit pas de faire une police des températures", assume le cabinet de la ministre, plaidant avant tout la pédagogie. Inciter à fixer le chauffage à 19 degrés n'a rien de nouveau, nous assure-t-on. Il s'agit en effet de la "température de consigne", qui "figure dans un arrêté du 25 juillet 1977 paru au Journal officiel, ainsi qu'à l'article 241-25 du Code de l'énergie".

Le gouvernement, qui a fait du sujet une priorité en cette rentrée, insiste sur le fait que baisser la température d'un degré permet de réaliser 7% d'économies d'énergie. Un chiffre relayé par l'Ademe qui peut intéresser directement les consommateurs. Il s'agit en effet d'une manière de réduire ses factures, en plus d'éviter une surconsommation des ressources énergétiques. 19 degrés, "c'est aussi une température recommandée par les scientifiques et par les médecins", glisse-t-on du côté du ministère, "bénéfique en particulier pour le sommeil."

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