Covid-19 : le défi de la vaccination

Covid-19 : la Haute autorité de santé recommande une dose de rappel à l'automne pour les plus fragiles

Maëlane Loaëc
Publié le 25 mai 2022 à 11h44, mis à jour le 25 mai 2022 à 11h49
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Source : JT 13h Semaine

L'autorité a étudié plusieurs scénarios pour les mois à venir et privilégie la piste d'une épidémie qui s'intensifierait périodiquement.
Dans ce contexte, les plus fragiles devraient recevoir une nouvelle dose de vaccin anti-Covid dès l'automne.
Si la situation épidémique dégénérait, la population générale pourrait aussi être concernée.

Même si le nombre de contaminations au Covid-19 décroit de semaine en semaine, la Haute autorité de santé (HAS) s'est prononcé ce mercredi sur une nouvelle campagne de vaccination : elle recommande, dans un communiqué, un rappel de vaccin pour les plus fragiles à l'automne, "afin d'anticiper la résurgence probable d'un variant" à cette période de l'année. "Même si les données actuelles semblent montrer que l'épidémie se stabilise en France, il est fortement probable que la circulation du virus se réintensifie périodiquement", met-elle en garde.

Cette autorité publique indépendante, qui contribue à l'élaboration de la feuille de route du gouvernement en matière de vaccination depuis le début de l'épidémie, juge qu'il est "essentiel de bâtir dès à présent une stratégie vaccinale prête à être déployée dans les mois à venir", malgré un faisceau de bons signaux à l'heure actuelle.

Trois hypothèses à l'étude

Elle a tiré ces conclusions en élaborant "une stratégie vaccinale de lutte contre la Covid-19 sur la base d'un scénario de réapparition périodique du virus", qu'elle estime le plus probable. Dans ce scénario, "l'immunité baisse au cours du temps, mais reste suffisante contre les formes graves et les décès pour une majorité de la population" et "des pics de transmission se produisent" par périodes. En conséquence, elle recommande la vaccination dès l'automne "des populations les plus à risque de formes graves de la maladie (en particulier, les personnes immunodéprimées et leur entourage, les personnes de 65 ans et plus et/ou présentant des comorbidités à risque de forme grave)". Ce qu'Olivier Véran disait ne pas exclure, début mai.

La HAS "recommande également d'envisager la vaccination des professionnels de santé au regard notamment des futures données d'efficacité vaccinale contre les formes asymptomatiques de la maladie". "Pour des raisons de mobilisation et de logistique", cette campagne devrait être couplée avec celle de la grippe.

 

Elle s'est aussi penchée sur deux autres scénarios : un "optimiste" qui prévoit un "retour à la normale" avec une immunité maintenue et des variants futurs moins sévères, et un "pessimiste", qui projette "l'émergence d'un variant plus virulent", qui affaiblirait l'immunité et engendrerait "une nouvelle vague épidémique". Dans le premier cas, la campagne de rappel ne s'appliquerait qu'aux personnes immunodéprimées, dans le second, ce serait toute la population qui serait concernée, malgré une priorité donnée aux profils les plus à risques. 

Si la HAS privilégie l'hypothèse d'une reprise périodique des contaminations, "les nombreuses incertitudes qui persistent sur l'évolution de l'épidémie pourraient l'amener à faire évoluer ses recommandations", affirme-t-elle avant d'estimer qu'il "est donc nécessaire d'être prêts à anticiper le scénario pessimiste pour lequel une campagne de vaccination à large échelle devrait être rapidement organisée".

En parallèle, l'Autorité préconise d'accélérer la vaccination des non-vaccinés et de ceux qui n'ont pas reçu leur première dose de rappel, "en particulier les personnes les plus âgées" : "76% seulement des plus de 80 ans avaient bénéficié d'une primovaccination et d'un premier rappel au 11 mai 2022", note-t-elle. 


Maëlane Loaëc

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