Le président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) souhaiterait que l'État accompagne davantage les plus démunis.
Pascal Brice assure que la pauvreté n'a plus baissé en France depuis 35 ans.
L'Insee lui donne raison : la pauvreté n'a plus égalé ou dépassé son taux le plus bas depuis 1984.

Depuis la rentrée, les associations de lutte contre la précarité ne cessent d'alerter sur l'afflux record auquel elles font face. Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) a réagi ce lundi 18 septembre au plan de lutte contre la pauvreté présenté par le gouvernement. Au micro de RTL, l’ancien diplomate français s’est montré inquiet face à l’enracinement de la précarité dans notre pays : "Ça fait 35 ans que la pauvreté ne baisse plus en France", a-t-il regretté. "Elle a baissé par rapport aux années 70, mais elle a baissé jusqu'au milieu des années 80 et depuis, elle ne baisse plus."

Une pauvreté stabilisée

Pour en savoir plus à ce sujet, il faut se tourner vers le taux de pauvreté, calculé par l'Insee depuis 1970. Cet indicateur désigne la part de la population dont les ressources ne dépassent pas 60% du niveau de vie médian à l’échelle du pays. Or, lorsque l’on s'intéresse aux derniers chiffres fournis par l'institut en charge des statistiques en France, les déclarations de Pascal Brice sont à nuancer. Si ce taux n’a jamais été aussi bas qu’en 1984 - avec 14,3% de Français vivant sous le seuil de pauvreté -, il a connu des variations (dont des baisses) depuis cette date, visibles sur le graphique ci-dessous.

Quelle conclusion en tirer ? Tout d’abord, que la pauvreté a en effet connu un recul notable de près de quatre points entre 1970 et 1984. Durant plus d’une décennie, elle a ensuite progressé, jusqu’en 1996. C’est alors qu’une nouvelle phase a été observée : la hausse a été enrayée, au profit d’une baisse très légère, mais régulière jusqu’en 2009. Retombée à 15,1%, soit 0,8 point de plus qu’en 1984, elle a connu plusieurs phases de progression jusqu’en 2019, année des dernières données consolidées. 

Un comptage difficile à réaliser

Les estimations les plus récentes de l’Insee, datant de 2020, s’accordent sur un taux de pauvreté de 14,3%, soit 8,9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Toutefois, en raison de la crise sanitaire, l’institut de statistiques admet avoir rencontré des difficultés à collecter les données cette année-là. Et à en croire un rapport de la Fondation Abbé Pierre datant de février 2023, 1,6 million de personnes pauvres échapperaient aux statistiques de l'institut. Si l’on se fie aux éléments avancés par la fondation, ce sont en réalité quelque 10,5 millions de personnes qui se trouvent en situation de précarité en France.

La pauvreté monétaire semble toucher de plus en plus de Français. Elle concerne toutefois davantage certains profils. Les familles monoparentales sont les plus exposées (32,8%), surtout si le parent est une femme.  Du côté des actifs, elle est logiquement plus présente chez les chômeurs (38,9 %) que chez les travailleurs indépendants (17,6%) ou les salariés (6,8%). Respectivement à nos voisins européens, la France se classe dixième au rang des pays avec les taux de pauvreté les plus faibles. Devant l’Allemagne (14,8 %), le Portugal (17,2 %) ou encore l’Italie (20,1 %), elle affiche tout de même une précarité plus importante que la République Tchèque (10,1%) dont le taux est le plus bas du continent.

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Clemence DI TELLA

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