Quatre Français sur dix, en couple, admettent avoir déjà fouillé le smartphone de leur partenaire à son insu, selon l'Ifop.
Le snooping est une pratique toxique visant à espionner le téléphone de l’autre.
C’est surtout un véritable fléau chez les jeunes : 76 % des moins de 25 ans ont déjà cédé à la tentation.

Votre partenaire va à la douche, va chercher un colis ou rejoindre un ami dehors et son téléphone se trouve là, juste à côté de vous. Deux options s’offrent à vous : l’ignorer ou répondre à l’appel incessant de regarder ce qu’il contient. D’après une étude de l’Ifop réalisée pour Le Journal du Geek, quatre Français sur dix en couple ont cédé à la tentation. La pratique porte le nom de snooping et signifie fouiller le téléphone de son partenaire. Cet espionnage peut avoir de lourdes conséquences sur votre couple, voire être symptomatique de violences conjugales. 

Les 18-24 ans particulièrement adeptes du snooping

Parmi les sondés, les adeptes de cette pratique toxique sont plutôt les jeunes : les moins de 25 ans sont 76 % à avoir fouillé dans le téléphone de leur partenaire. D’après Louise Jussian, chargée d'études sénior à l'Ifop, “le snooping est un phénomène générationnel intimement lié à l'importance qu'ont pris les smartphones dans la vie quotidienne des jeunes, outil de communication indispensable qui contient l'essentiel – photos, messages, réseaux sociaux… de leur vie intime”. Les femmes seraient 78 % à s’adonner à cette pratique, contre 73 % des interrogés masculins. Et les contenus scrutés ne sont pas les mêmes selon si l’on est une femme ou un homme. Ces messieurs vont plutôt chercher à lire les messages échangés avec d’autres personnes potentiellement attrayantes pour leur partenaire, tandis que les femmes vont s'intéresser aux individus suivis sur les réseaux sociaux. 

Snooping : que découvre-t-on en fouillant le téléphone de son partenaire ?

Vous connaissez le dicton : “quand on cherche, on trouve !”. Il est avéré pour la plupart des adeptes de snooping. La moitié des sondés ont découvert quelque chose qui leur était caché en fouillant dans le téléphone de leur partenaire : des mensonges pour 35 %, des infidélités pour 29 % ou encore des discussions avec un(e) ancien(ne) partenaire pour 21 % des interrogés. Selon Louise Jussian, cette pratique est corrélée à la nature de la relation : “Les personnes en couple qui ne cohabitent pas sont plus nombreuses à chercher par ce biais l'éventuelle confirmation que leur partenaire leur cache quelque chose.”

15 % des 18-24 ans ont décidé de rompre à l’issue de cet espionnage, alors qu’un tiers des sondés ont dévoilé qu’une dispute a éclaté.

La pratique du snooping peut être symptomatiques d’une violence ou d’une emprise au sein des couples

D’après la chargée d'études senior à l'Ifop, cette pratique peut engendrer des situations plus graves qu’une simple dispute ou une séparation. Elle peut être aussi symptomatique d’une emprise, voire de violences conjugales. Le snooping peut devenir “un enjeu de pouvoir et un moyen de rétorsion”. “On voit bien que le smartphone de l’autre est non seulement un objet de curiosité et de suspicion, mais aussi un moyen de chantage et d’isolement” ajoute l’experte. 52 % des personnes victimes de violences physiques de la part de leur partenaire ont aussi subi le snooping. Là encore, les jeunes (18-24 ans) sont les plus touchés : plus d’un sondé sur deux révèle avoir déjà été contraint par son ou sa partenaire de partager des informations privées qui se trouvent sur son téléphone.


Marjorie RAYNAUD pour TF1 INFO

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