SALAIRES - Selon un rapport publié ce mercredi, l'écart de rémunération non ajusté entre les sexes est passé de 14,3 % à 11,6 % au cours des trois dernières années, traduisant une légère amélioration mais des disparités persistantes, et en majeure partie inexplicables. Détails.

Du progrès mais encore du travail. Bien qu'il subsiste des écarts de rémunération importants entre hommes et femmes, ces derniers se sont légèrement réduits en France, depuis 2016, selon une nouvelle étude internationale publiée ce mercredi par le Département de Recherche Economique de Glassdoor. Dans le détail, l'écart de rémunération "non ajusté" entre les hommes et les femmes en France , c’est-à-dire l'écart entre les femmes et les hommes ayant des caractéristiques strictement identiques (âge, niveau de diplôme, type de contrat, etc), est de 11,6 %. Cela signifie que les femmes gagnent, en moyenne, 88 centimes pour chaque euro gagné par les hommes. 

Cela représente une diminution de 2,7 points par rapport à il y a trois ans, lorsque les femmes percevaient en moyenne 85 centimes pour chaque euro gagné par les hommes.  En appliquant des contrôles statistiques sur des variables telles que l'âge, le niveau de scolarité, les années d'expérience, le métier, le secteur, la ville, l'année, l'entreprise et l’intitulé du poste, l'écart de rémunération en France diminue à 3,7 %.  Il s’agit là de l'écart salarial "ajusté".  Ce dernier s’est légèrement réduit puisqu’il était de 6,3 % en 2016. 

Plus de la moitié de l’écart reste inexplicable

"Bien qu'il s'agisse d'un signe prometteur, cela ne doit pas nous faire oublier que des inégalités importantes subsistent dans le monde entier, même après prise en compte des facteurs liés au lieu de travail et à l'emploi", estime Andrew Chamberlain, Chef Économiste chez Glassdoor qui s'interroge sur "les obstacles inexpliqués qui continuent à ralentir la marche vers l'égalité salariale. "

Si 46 % de l’écart salarial entre sexe peut être expliqué par une inégalité de la répartition homme-femme dans certains secteurs et postes, par des différences de diplômes ou par des différences de niveaux d’expérience,  plus de la moitié (53%) de l’écart de rémunération reste inexplicable selon les données recueillies par Glassdoor, suggérant qu’hommes et femmes sont récompensés différemment, à caractéristiques égales.

La France bonne élève

Le rapport, intitulé "Progress on the Gender Pay Gap : 2019" révèle également les écarts salariaux et leur évolution depuis 2016 dans d’autres pays, comme aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Les résultats dans chacun d'eux sont similaires : l’écart salarial "non ajusté" tend à se réduire. Cependant, il ne disparaît pas lorsqu'on tient compte de facteurs comme l'expérience des travailleurs, l'âge, le lieu de travail et l’intitulé du poste. 

Quatre pays sur les cinq étudiés lors de l’étude Glassdoor de 2016 ont vu cet écart de rémunération entre hommes et femmes se réduire (USA, France, Royaume-Uni & Australie) alors que cet écart s’est creusé en Allemagne. Ainsi, sur les huit pays de l'étude de 2019, l'Allemagne présente le plus grand écart de rémunération "non ajusté" (22,3 %), alors que la France présente le plus petit écart de rémunération "non ajusté" (11,6 %).


La rédaction de TF1info

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