Covid-19 : le défi de la vaccination

Extension de la vaccination contre le Covid-19 : il faut encore convaincre les plus jeunes

La rédaction de LCI
Publié le 28 avril 2021 à 12h28
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

CAMPAGNE VACCINALE - Alors que les vaccinodromes tournent parfois au ralenti, fautes de volontaires, des voix s'élèvent pour élargir immédiatement la vaccination contre le Covid-19 aux moins de 55 ans. Reste à convaincre cette tranche de population, plus rétive que ses aînés selon les sondages.

Les doses qui s'accumulent, faute de volontaires, dans les vaccinodromes, imposeront-elles prochainement un changement de stratégie dans la campagne vaccinale ? Pour l'heure, les autorités veulent s'en tenir au plan initial : achever la vaccination des plus de 75 ans et des personnes souffrant de comorbidités, accélérer pour les plus de 55 ans. La prochaine étape, annoncée par Emmanuel Macron, consistera à vacciner les personnes en surpoids de moins de 55 ans. Selon le ministre de la Santé Olivier Véran, près de 4 millions de personnes prioritaires n'ont toujours pas été vaccinées, et ce public constitue bien la priorité du moment. 

Pour autant, face à cette sous-utilisation des flacons mis à disposition, de nombreuses voix s'élèvent désormais pour élargir la campagne à toutes les publics de moins de 55 ans. À Cannes, indiquait mercredi matin le maire LR David Lisnard à LCI, la vaccination accélérée des seniors a permis de prendre les devants, et c'est désormais un public âgé de 40 à 50 ans qui peut se rendre dans les centres de vaccination. Plus généralement, des publics de moins de 55 ans parviennent déjà à se faire vacciner dans les Alpes-Maritimes. Un modèle à suivre à l'échelle nationale ?

Une population plus rétive

Si cette solution peut-être avancée pour éviter que les stocks ne s'accumulent, les derniers sondages relatifs à l'acceptation vaccinale montrent qu'il faudra encore beaucoup de pédagogie pour attirer ces nouveaux publics dans les vaccinodromes. Les plus jeunes restent en effet, à ce stade, les plus réticents à envisager une vaccination à court terme. 

Parmi les dernières études à disposition, celle d'Odoxa pour France Info et Le Figaro montrait, le 8 avril, que 70% de la population générale est désormais prête à se faire vacciner - un bond spectaculaire de 30 points en quatre mois. Cette moyenne cachait toutefois de fortes disparités en fonction de la classe d'âge. Ainsi, 84% des plus de 75 ans affichent une intention vaccinale, contre 77% des 50-64 ans, 64% des 35-49 ans, 58% des 25-34 ans et 55% des 18-25 ans. Une disparité somme toute logique à ce stade, les plus jeunes n'éprouvant pas l'urgence de se faire immuniser contre un virus qui les épargne davantage que leurs aînés. 

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Le 12 mars dernier, notre sondage Harris Interactive/LCI témoignait de la même disparité. 64% des Français se disaient alors prêts à se faire vacciner, mais la moyenne chutait chez les répondants les plus jeunes. 

Un autre sondage instructif, publié le 1er avril, a été mené par l'Ifop pour la mutuelle de santé MNH. Consacrée aux personnels hospitaliers, cette étude montrait que 82% de ces personnels se disaient prêts à se faire vacciner - il faut noter au passage qu'une partie des répondants avaient déjà reçu au moins une première dose. Mais quand la question était posée aux étudiants en santé, l'intention de se faire vacciner ne concernait que 60% des répondants. Les principaux motifs invoqués : le manque de recul sur les vaccins, les doutes sur leur efficacité et les craintes liées aux effets indésirables. En population générale, précisait l'Ifop, l'écart entre générations est identique, avec 71% des plus de 35 ans se disant prêts à se faire vacciner, contre 50 chez les moins de 35 ans. 

L'évolution très rapide de l'opinion au cours des quatre derniers mois semble toutefois montrer que cette intention vaccinale peut évoluer au cours des prochaines semaines, y compris chez les plus jeunes. D'autant que la perspective d'un passeport vaccinal semble se concrétiser à deux mois des vacances d'été. "Nous avons des gens de 40 ou 50 ans qui demandent à se faire vacciner, nous avons des actifs qui pourraient recevoir une première dose avant l'été", plaidait ainsi, mercredi matin sur LCI, Philippe Martin, président PS du conseil départemental du Gers, un territoire où les seniors ont déjà été très largement immunisés contre le Covid-19. 


La rédaction de LCI

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