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Faute de remontées mécaniques, les stations de ski nordique connaissent une affluence record

Virginie Fauroux
Publié le 14 décembre 2020 à 17h47
Faute de remontées mécaniques, les stations de ski nordique connaissent une affluence record

Source : Istock

GESTES BARRIERES - Alors que le gouvernement n'envisage de rouvrir les remontées mécaniques qu'à partir du 7 janvier, si la situation sanitaire le permet, plusieurs stations spécialisées dans le ski de fond ont été prises d’assaut ce week-end en Isère.

"Oubliez les remontées mécaniques et l'affluence des pistes de ski alpin, n'écoutez plus que le crissement de vos skis sur la neige". Bien loin des publicités qui fleurissent ici ou là pour vanter les joies du ski de randonnée, et qui joue sur le calme de cette pratique, le déferlement record de passionnés de glisse vécu par certaines stations proches de Grenoble le 13 décembre, a déconcerté plus d'un élu local en pleine crise sanitaire.

Ainsi, les pistes du col de Porte, dans le massif de la Chartreuse, ont été prises d’assaut au point que des files ininterrompues de voitures ont stationné tout au long de la journée sur plusieurs kilomètres. "C’est de la folie. On n'avait jamais vu ça", a avoué au Dauphiné Didier Bic, le directeur de la station. Car si les remontées mécaniques sont fermées jusqu'au 7 janvier au moins, pour limiter la propagation du virus, la pratique du ski de fond, des raquettes, et du ski de randonnée est toujours autorisée en montagne, attirant de nouveaux adeptes, prêts à tout pour profiter de la neige. 

Il n’y a pas qu’en Chartreuse que l'on a constaté une affluence record ce week-end. Plus à l'Est, dans le massif de Belledonne, ce fut la même frénésie, comme l'a souligné dans Le Dauphiné Frédéric Geromin, le directeur général des remontées mécaniques. "J’ai des pistes qui ont été complètement damées par les gens venus dans la station. Le tout alors que le domaine skiable n’est pas sécurisé actuellement", a-t-il avancé. Même constat dans le Vercors : "Aujourd’hui, dimanche 13 décembre, nos parkings sont saturés plus qu’un week-end de février", a confié Michael Kraemer, le maire de Lans-en-Vercors, sur les réseaux sociaux. 

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Vous avez voulu faire sans nous. Aujourd’hui, force est de constater que les gens sont là, en groupe de 5, 10, 15, voire plus sans masque sans gestes barrières, agglutinés les uns sur les autres.

Michael Kraemer, maire de Lans-en-Vercors

En temps normal, tout ce beau monde aurait de quoi réjouir les responsables de stations, mais Covid oblige, c'est l'incompréhension qui prédomine. Et Michael Kraemer a tenu à le faire savoir dans une lettre ouverte au Président, au premier ministre et au préfet de l’Isère : "La montagne a été prise d’assaut cet été, nous avions tiré les sonnettes d’alarme, concernant des populations qui découvraient la montagne sans en connaitre les codes. Les enseignements n’ont semble-t-il pas été retenus, on retrouve des familles en baskets, descendant en luge sur les pistes d’alpin, quid du risque de la traumatologie ? Des papas 'mules', qui portaient sur le dos, tous les skis de la familles pendant que les enfants remontaient à pied les pistes de ski", s'insurge-t-il, alors que les remontées mécaniques ont justement été fermées pour éviter les accidents et les prises en charge hospitalières.

Et que dire des gestes barrières qui ne sont plus, pour certains, qu'un lointain souvenir. "L’ensemble des acteurs de la montagne avait mis en place un protocole pour éviter la propagation du virus et permettre un encadrement de la pratique de la montagne. Vous avez voulu faire sans nous. Aujourd’hui, force est de constater que les gens sont là, en groupe de 5, 10, 15… voire plus sans masque sans gestes barrières, agglutinés les uns sur les autres", poursuit encore l'édile qui s'inquiète à l'approche des vacances de Noël et demande au gouvernement de "rectifier le tir".

"La fermeture des stations proches des agglomérations est un fiasco, économique, sanitaire et écologique. Les vacances approchent, j’ai bien peur que ce que vous cherchiez à éviter va arriver, mais nos pisteurs, nos ambulances et nos centres médicaux ne seront pas là pour vous suppléer", a-t-il conclu, amer. 

Le gouvernement envisage une ouverture des remontées mécaniques dans les stations de ski, fermées pendant les fêtes, à partir du 7 janvier selon la situation sanitaire.


Virginie Fauroux

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