La France face à une 3e vague d'ampleur

Fermetures de classes : "Aucun parent ne veut que ça lui tombe dessus, mais on s'y attendait"

Audrey LE GUELLEC
Publié le 4 septembre 2020 à 17h27, mis à jour le 4 septembre 2020 à 23h59
JT Perso

Source : JT 20h WE

L'essentiel

VIRUS A L'ECOLE - Les associations de parents d'élèves mettent en avant le casse-tête représenté par les fermetures d'établissements, notamment pour organiser la garde des enfants quand le télétravail n'est pas possible. Ce scénario ne semble pour autant pas les surprendre.

Paris, Amiens, Marseille, Saint-Priest... Depuis la rentrée, mardi, déjà une vingtaine d'établissements ont dû fermer en raison de cas avérés de Covid-19, ainsi qu'une centaine de classes. Si les représentants de parents d'élèves soulignent le casse-tête que cela représente pour organiser la garde des enfants, notamment quand le télétravail n'est pas possible, ce scénario ne semble pour autant pas vraiment les surprendre.

"C'est vrai que ça survient très rapidement après la rentrée, mais honnêtement on s'y attendait", réagit ce vendredi auprès de LCI Cécile Frattaroli, présidente de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP) à Paris. Et de détailler : "Nous étions prévenus, on nous avait bien dit que des mesures seraient prises en cas de constatation de cas de Covid et l’idée générale, c'est quand même d'éviter au maximum les fermetures d'écoles."

Estimant que l'enjeu consiste à présent à "réussir, collectivement, à concilier l'école pour tous et une gestion de l'épidémie qui ne mette en danger personne", elle souligne qu'un certain nombre de réponses ont déjà été apportées au niveau national. "Que fait-on ? Qui prend en charge ? Tout a globalement été anticipé ; et donc, c'est l'Agence régionale de santé (ARS) qui décide en accord avec le rectorat ce qu'il est judicieux de faire pour chaque cas", rappelle-t-elle.

Elle insiste néanmoins sur le fait que "c'est compliqué car les processus ne sont pas complètement au point" et qu'"il n'y pas de dispositif en place pour les familles qui ont besoin de rester chez elles et qui ne peuvent pas faire de télétravail." Autre source d'inquiétude malgré la "grosse expérience" du confinement et du déconfinement : "Comment la continuité pédagogique va-t-elle être mise en place ?", interroge-t-elle.

"L'importance d’anticiper le niveau 2"

Pour Jean-André Lasserre, président de la  Fédération des Conseils de Parents d'Elèves (FCPE) à Paris, c'est précisément "l'articulation entre l'identification du cas et la communication avec les parents et puis l'intervention de l'ARS" qui importe en ce moment. Selon lui, c'est même "là que tout se joue jusqu'à ce que ces capacités d'intervention finissent par devenir insuffisantes si les cas viennent  à se multiplier.

"A l'évidence, nous allons être dans une logique de cas suspects qui vont se multiplier, voire des cas de contaminations", estime-t-il, en pointant  "l'importance d’anticiper le niveau 2, c'est à dire le cas où on réduit les effectifs puisqu'on introduit la distanciation sociale". Une demande a d'ailleurs été formulée en ce sens, au niveau national, assure le président FCPE Paris.

Fermetures d'établissements scolaires : "A l'évidence, les cas suspects vont se multiplier"Source : TF1 Info
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Trop souple pour certains, trop strict pour d'autres : alors que le protocole sanitaire actuel, et les mesures qui en découlent comme les fermetures d'établissements, suscite le scepticisme chez certains parents, Jean-André Lasserre invite plutôt à "respecter toute décision qui a un fondement scientifique". Il veut garder à l'esprit que l'important est de pouvoir "faire en sorte que si les cas se multiplient effectivement, nous puissions être mesure de les traiter".

Et de conclure : "Nous avons tendance à oublier qu'avant le confinement, la fermeture des écoles a été occasionnée justement parce qu'il n'y avait pas suffisamment d'hommes et de femmes pour assurer le processus qui consiste à remonter les cas de contamination, d'où les angoisses, d'où les tensions au sein des écoles."

Cependant, tient à souligner Cécile Frattaroli, il n'y a pas encore lieu de s'affoler : "Au regard du nombre de classes et d'écoles concernées, c'est pas non plus catastrophique". Et selon elle, le fait qu'"aucun parent n'ait envie que cela lui tombe dessus va forcément inciter à redoubler de vigilance".