Fête de l'Aïd : l'étourdissement des moutons en débat

Le service METRONEWS
Publié le 2 octobre 2014 à 15h33
Fête de l'Aïd : l'étourdissement des moutons en débat

RELIGION - À Partir de samedi, le monde musulman va célébrer la fête de l'Aïd El Kebir, la "fête du sacrifice". Partout, la tradition veut que l'on partage un mouton, abattu le jour même. Alors que certaines associations veulent faire interdire l'abattage rituel, des responsables musulmans dénoncent des actions "islamophobes".

Faut-il étourdir l'animal avant de l'abattre ? Chaque année, au moment des fêtes de l'Aïd, le débat sur l'étourdissement des moutons agite les associatifs et les fidèles. Dans la tradition musulmane, les animaux doivent être égorgés vifs. Une "torture" pour certaines associations, qui réclament l'étourdissement des animaux, c’est-à-dire d'apposer deux pinces électriques au niveau du crâne pour le rendre inconscient.

"Impossible", répondent les principales associations représentatives des musulmans. "Dans notre tradition, le mouton ou l'agneau doit être égorgé vivant, indique Abdallah Zekri, président de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Ça fait déjà dix ans qu'on nous ressort cette polémique. Mais ceux qui pratiquent le sacrifice dans les abattoirs sont des hommes certifiés, le mouton meurt immédiatement, sans plus de souffrance".

"Relents islamophobes"

En France, l'abattage est en effet très encadré . Les préfectures mettent chaque année plusieurs abattoirs à disposition des fidèles. Le tout est encadré par des imams. "Rien ne prouve que le sacrifice rituel musulman, qui est globalement le même que dans la tradition israélite, n'est pas moins cruel que l'étourdissement", renchérit Mohammed Moussaoui, l'ancien président du conseil français du culte musulman (CFCM). Si certaines familles persistent à vouloir tuer elles-mêmes le mouton, la pratique est devenue totalement marginale. Elle est notamment punie de 15 000 euros d'amende et de six mois d'emprisonnement.

Pourtant, la semaine dernière, à Bruxelles, près de 7 000 personnes ont défilé  pour réclamer la fin de cette pratique. Abdallah Zekri voit dans ces attaques, un "arrière-goût islamophobe". Du côté du collectif pour l'étourdissement obligatoire des animaux dans les abattoirs (OEDA), on réfute. "Le fait que notre campagne soit lancée au moment des fêtes de l'Aïd est un hasard. En Indonésie, en Jordanie ou en Nouvelle-Zélande, l'étourdissement est obligatoire. Nous réclamons simplement les mêmes règles en France".

Le sacrifice pas obligatoire

Pour mettre fin à la polémique, Abdallah Zekri, de l'UOIF, préfère rappeler que le sacrifice n'est pas obligatoire. "Lorsqu'on n'a pas la possibilité de procéder au sacrifice, on peut donner le prix du mouton [près de 250 euros ndlr] aux associations caritatives ou à des familles dans le besoin", explique-t-il. Lui-même, avec sa famille, va envoyer le prix d'un mouton à une famille en Algérie.


Le service METRONEWS

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