Manifestations du 1er-Mai en France : 210.000 manifestants selon la CGT, 116.500 selon l'Intérieur

V.M
Publié le 1 mai 2022 à 16h38, mis à jour le 1 mai 2022 à 21h31
JT Perso

Source : JT 20h WE

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, 210.000 personnes selon la CGT, ont répondu à l'appel des syndicats, dimanche lors de la traditionnelle manifestation du 1er-Mai.
Le défilé parisien a donné lieu à des échauffourées, des groupes de casseurs ayant infiltré la manifestation à la marge.
Selon Gérald Darmanin, 45 personnes ont été interpellées.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche, partout en France, 210.000 selon la CGT, 116.500 selon l'Intérieur, dans les traditionnels défilés du 1er-Mai, jour de la fête du travail. Des manifestations dans un contexte très politique, même si les syndicats organisateurs ont tenu à garder leurs distances avec les candidats de gauche aux élections législatives.

À Paris, la manifestation s'est élancée peu après 14h30 de la place de la République en direction de la place de la Nation, à l'appel de l'intersyndicale CGT-Unsa-FSU-Solidaires, rejointes par les organisations étudiante et lycéennes Unef, VL, MNL et FIDL, avec pour revendications les questions des salaires, des services publics, de protection sociale et de transition écologique. 

La réforme des retraites est aussi l'un des points de crispation de cette journée, qui est "cette année un peu exceptionnelle" car elle intervient une semaine après la réélection d'Emmanuel Macron, a souligné en tête du cortège le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, pour qui une nouvelle mobilisation est envisageable "avant la rentrée, parce que le niveau de mécontentement sur les retraites ou les salaires est très fort". "Nous sommes opposés résolument, et nous voulons le dire, à toute forme de recul de l'âge de la retraite", a martelé de son côté Yves Veyrier (FO).

Lire aussi

Fortes tensions à Paris

La manifestation parisienne, qui a rassemblé plus 20.000 manifestants selon la police, a donné lieu à de nombreuses tensions tout du long entre des groupes de casseurs et les forces de l'ordre. Selon des informations recueillies par LCI, ces tensions ont commencé dès 14h45 en tête de cortège, certains groupes tentant de se détacher de la manifestation pour organiser un cortège sauvage. Les incidents se sont ensuite déplacés à l'angle du boulevard Voltaire et de la rue de la Roquette (11e arrondissement), où un fast-food ainsi que les devantures d'agences bancaires ont été dégradés. 

Les forces de l'ordre, visées par des jets de projectiles, ont répliqué avec une charge de la Brav-M, unité mobile, accompagnée d'une compagnie d'intervention et des jets de grenades lacrymogènes. Selon la préfecture de police de Paris, ces petits groupes de casseurs cherchaient à ralentir le cortège qui prenait la direction de la place de la Nation. 

Un sapeur-pompier qui tentait d'éteindre un départ de feu a été molesté par un manifestant. "Honte à la sauvagerie", a réagi la BSPP sur Twitter, jugeant "incompréhensible cette nouvelle agression vis-à-vis des sapeurs-pompiers de Paris dans l'exercice de leurs fonctions"

"Des casseurs viennent perturber les manifestations du 1er mai notamment à Paris, en commettant des violences inacceptables. Je suis cela avec attention. Plein soutien aux policiers et gendarmes mobilisés, garants de la liberté de manifester et de l’ordre public", a dénoncé sur Twitter Gérald Darmanin. Selon le ministre de l'Intérieur, un bilan vers 18h50 faisait état de 54 interpellations et 8 agents des forces de l'ordre et sapeurs-pompiers blessés. "La justice aura, j'espère, l'occasion de condamner ces personnes", a indiqué le ministre dans un point presse. 

Mélenchon s'en prend au préfet de police

Jean-Luc Mélenchon, qui était présent dans le cortège, a dénoncé sur Twitter "des violences parasites" qui "invisibilisent la marche des syndicats et servent la propagande à nos pires adversaires". L'ancien candidat à la présidentielle a ciblé le préfet de police Didier Lallement, estimant qu'il "savait" et l'accusant d'être "incapable de garantir le droit de manifester en paix".

Une saillie qui a suscité une réponse de Gérald Darmanin. "J'appelle les responsables politiques, et M. Mélenchon ad hominem, à condamner les violences à l'encontre des forces de l'ordre", a répliqué le ministre, accusant le leader insoumis de ne pas avoir de mot pour soutenir les policiers, gendarmes et pompiers agressés et lui demandant de "lever l'ambiguïté avec l'ultragauche"

Ailleurs en France, des manifestations ont rassemblé 1.900 personnes à Bordeaux selon la police (4.500 selon les organisateurs), 3.600 à Marseille et 3.500 à Toulouse selon la police, ou encore de 1.500 à 2.500 à Strasbourg, de 1650 à 2000 personnes à Rennes, de 4000 à 6000 personnes à Lyon, près de 2000 personnes à Lille. Au total, 255 points de rassemblement étaient prévus dans le pays, selon la CGT.


V.M

Tout
TF1 Info