14 Juillet : l'édition spéciale sur TF1 et LCI

Le défilé du 14-juillet a-t-il toujours eu lieu sur les Champs-Élysées ?

C.S
Publié le 11 juillet 2021 à 11h06, mis à jour le 11 juillet 2021 à 11h23
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Source : Sujet TF1 Info

FÊTE NATIONALE - Que serait le 14 juillet sans son défilé militaire de l'Arc de Triomphe à la place de la Concorde ? Si cette tradition semble immuable, la parade ne s'est pas toujours déroulée sur les Champs-Élysées.

Chaque 14 juillet, les Français voient défiler leur armée le long des Champs-Élysées à l'occasion de la fête nationale. Un grand moment populaire qui rassemble toujours autant de monde le long de l'avenue et devant les postes de télévision. 

À cette occasion, un imposant cortège militaire descend de la place de l’Étoile jusqu'à la place de la Concorde. Une tradition qui remonte à la loi du 6 juillet 1880 instaurant le 14 juillet comme fête nationale. Mais le défilé du 14 juillet a-t-il toujours eu lieu sur les Champs-Élysées ? 

1880, une Nation en quête de repères

Lorsque le 14 juillet est célébré pour la première fois en 1880, la parade militaire n'a pour décor les Champs-Élysées, mais c'est à l'hippodrome de Longchamp, dans le bois de Boulogne, que plusieurs centaines de militaires se réunissent autour du président Jules Grévy, de son gouvernement et de nombreux élus de la IIIe République. 

À cette époque, le besoin de célébrer la Nation et de montrer aux Français que son armée les protège se fait sentir. Le pays garde en mémoire la déchirante défaite face à la Prusse dix ans plus tôt. Un événement qui s'est scellé par la perte de l’Alsace-Moselle. 

1919, la première fois sur les Champs-Élysées

Les célébrations sur les Champs-Élysées sont organisées pour la première fois aux lendemains de la Première Guerre mondiale. Dans une liesse populaire, les maréchaux Foch et Joffre descendent l'avenue à cheval. Ils sont suivis de nombreux Poilus et de Gueules cassées. La France a également invité des soldats américains, britanniques ou encore italiens à défiler aux côtés des forces armées nationales. Les manifestations militaires ne se cantonnent pas aux Champs et s'étendent à d'autres lieux de la capitale, comme sur le boulevard Saint-Denis où apparaît le maréchal Pétain. 

Les années suivantes, le défilé du 14 juillet ne se déroule pas forcément aux abords de l'Arc de Triomphe. En 1932, les militaires rejoignent la Concorde depuis les Invalides en défilant sur le pont Alexandre III. La foule est si nombreuse pour apercevoir les chars et les avions que des Parisiens escaladent les façades du Grand et du Petit Palais. 

En 1940, la France est occupée. Le général de Gaulle organise une cérémonie à Londres et dépose une gerbe devant la statue du maréchal Foch. Il passe en revue les 800 premiers éléments de la France Libre. 

Une cérémonie chargée de symboles

À partir des années 1970, les présidents vont essayer d'apporter leur touche personnelle aux célébrations. Comme en 1973, où, pour la première fois, une femme descend les Champs en tête de tout le cortège : Anne Chopinet, porte-drapeau de l'École polytechnique, largement applaudie par les badauds et le président George Pompidou.  

De son côté, Valéry Giscard d'Estaing souhaite rétablir plus de cohérence entre le lieu et les origines du 14 juillet. Dès sa première année d'élection en 1974, le Président privilégie la place de la Bastille. Les militaires rejoignent la colonne de Juillet depuis la place de la République. Pour sa dernière année de mandat en 1980, c’est le retour sur les Champs-Élysées. L'année suivante, en 1981, le président François Mitterrand entérinera définitivement la tradition du 14 juillet sur les Champs. 

Le 14 juillet 1989, François Mitterrand voit les choses en très grand pour le bicentenaire de la Révolution française. Il réunit autour de lui une trentaine de chefs d'États et de gouvernements pour un premier défilé militaire, le matin. Le soir, un second défilé, cette fois artistique, est orchestré par Jean-Paul Goude. Ces deux événements réuniront chacun 800.000 personnes sur les Champs-Élysées. Un record qui ne sera battu que par la célébration de la Coupe du monde en 1998. 

Les Champs consacrés depuis 20 ans, l'exception 2020

Le XXIe siècle ne dérogera jamais à la règle des Champs-Élysées, mais les présidents de la République apportent une couleur européenne et internationale au défilé. En 2000, Jacques Chirac invite pour la première fois des corps armés étrangers à fouler les pavés de l'avenue avec notamment des militaires belges, espagnols, italiens, britanniques et, symbole fort, des Allemands. L'Eurocorps sera également de la partie et le défilé se termine par l'Hymne à la joie, celui de l'Union européenne. 

En 2007, Nicolas Sarkozy place le 14 juillet sous le signe de l'Europe. Vingt-sept contingents des États membres défilent devant les chefs d'États et de gouvernements de l'UE. L'année suivante, le Président invite les dirigeants européens ainsi que tous ceux des pays méditerranéens. La présence de Bachar al-Assad créa la polémique. En 2017, l'ancien président des États-Unis Donald Trump, impressionné par le défilé auquel il avait assisté sur la célèbre avenue parisienne, avait souhaité la même chose à Washington. Ce fut chose faite le 4 juillet 2019. 

L'exception à la règle date de l'an dernier, pour cause de crise sanitaire. Le défilé traditionnel sur les Champs-Élysées avait été supprimé, laissant place à un rassemblement à effectifs limités autour de la place de la Concorde.


C.S

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