Les débats se sont achevés ce dimanche au sein de la convention citoyenne qui doit orienter le gouvernement sur ses choix en matière de fin de vie.
Les 184 participants se sont prononcés majoritairement en faveur d'une "aide active à mourir".
72 % ont voté pour le suicide assisté et 66 % pour l'euthanasie.

Le sujet est hautement sensible : aider quelqu'un à mourir, est-ce encore un soin ? Non, avaient répondu cette semaine dans Le Figaro une dizaine d'organisations de médecins et d'infirmiers, dont notamment des spécialistes des soins palliatifs. La réponse est oui, en revanche, pour les 184 participants à la convention citoyenne sur la fin de vie qui se sont prononcés majoritairement ce dimanche en faveur d'une évolution de la loi pour une "aide active à mourir", lors d'un vote au Conseil économique, social et environnemental (Cese). "Un tournant a été pris, il marque la fin de la phase de délibération. Il y a encore des débats", a déclaré à l'issue de ce vote Claire Thoury, chargée d'organiser la convention.

A l'issue de près de trois mois de débats, 84% des citoyens ont donc estimé que le "cadre d'accompagnement de la fin de vie" ne répondait pas "aux différentes situations rencontrées", lors d'un vote en plusieurs étapes sur "les orientations de réponse à la question de la Première ministre" Elisabeth Borne. 

En faveur d'un changement de la législation actuelle

A la question : "l'accès à l'aide active à mourir doit-il être ouvert ?", 75% ont voté "oui", 19% ont voté "non", selon les résultats du scrutin retransmis en direct depuis le Cese, où la convention citoyenne est réunie à l'appel du gouvernement. Concernant les modalités d'accès à cette aide à mourir, 72% se sont prononcés en faveur d'un suicide assisté, 66% en faveur d'une euthanasie. Les 184 participants tirés au sort, dont 167 étaient présents pour le vote, se sont ainsi, sans surprise, prononcés en faveur d'un changement de la législation actuelle, que le président Emmanuel Macron envisage de faire évoluer. 

Début janvier, un premier vote informel et impromptu avait indiqué un mouvement en ce sens. Depuis 2016, la loi dite Claeys Leonetti permet d'aller jusqu'à une "sédation profonde et continue" de certains malades jusqu'à leur mort, sans pour autant permettre de provoquer activement leur décès ou de leur en donner les moyens. Certaines questions restent toutefois en suspens, notamment celle de la conscience des personnes en fin de vie. 

Lors de la session de ce dimanche, les citoyens ont également longuement débattu de la question des mineurs. A 56%, ils se sont prononcés pour que l'accès au suicide assisté leur soit aussi ouvert. "Bravo à vous tous de redonner de l'espoir dans ce contexte démocratique un peu préoccupant", a salué Claire Thoury devant l'assemblée de citoyens, promettant que les positions minoritaires seraient prises en compte. "On a plusieurs débats à l'Assemblée nationale qui renvoient une image pas très glorieuse, ici vous avez 184 citoyens qui débattent de manière apaisée", a-t-elle fait valoir lors d'une conférence de presse.

"On a bien dit aux citoyens que ce sont les politiques qui décideront à la fin, que ça n'est pas ici qu'on tranche, mais qu'on éclaire la décision publique", a expliqué la présidente du comité de gouvernance de la convention. "Ne pas tenir compte du tout" des orientations de la convention "serait quand même bizarre", a commenté Claire Thoury, alors que le gouvernement, qui mène parallèlement ses propres consultations, a prévenu qu'il ne reprendrait probablement pas telles quelles les conclusions des citoyens. La convention rendra ses travaux détaillés le 19 mars.


Virginie FAUROUX

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