Fresques à connotation sexuelle : les hôpitaux priés de faire le ménage

par A. Lo. avec AFP
Publié le 25 janvier 2023 à 15h51
JT Perso

Source : JT 20h WE

Plusieurs contentieux judiciaires ont mis en évidence la présence de fresques pornographiques ou sexistes dans les salles de garde d'hôpitaux.
Malgré des polémiques, de telles peintures subsistent dans certains établissements.
Une instruction ministérielle a par conséquent appelé les hôpitaux à les retirer.

Des fresques qui n'ont plus leur place dans les hôpitaux. Une instruction ministérielle a effectivement demandé aux établissements hospitaliers qui abritent des fresques à caractère pornographique ou sexiste dans les salles de garde vont devoir les retirer, "dans la concertation" avec les internes.

Cette décision s'inscrit dans le cadre de la "politique de tolérance zéro" affichée face aux "violences morales ou sexuelles à l'encontre des étudiants en santé", fait valoir cette instruction de la Direction générale de l'offre de soins.

Absence de consensus sur le sujet

Cette note, datée du 17 janvier et révélée par le site d'information Hospimedia, souligne que "plusieurs contentieux clos ou en cours" ont visé des fresques. Saisi en référé par l'association Osez le féminisme au nom de la "dignité des femmes", le tribunal administratif de Toulouse a ainsi ordonné en décembre 2021 le retrait de certaines décorations des salles de garde du CHU de la ville.

En 2015, une fresque de Clermont-Ferrand mimant un viol collectif entre super-héros avait suscité une polémique, avant d'être effacée. Depuis, des hôpitaux ont spontanément retiré ou modifié des peintures murales, "parfois dans un climat d'opposition des internes", note le document ministériel. Car une partie des "carabins" (étudiants en médecine) demeurent attachés à ces représentations et il subsiste des "fresques carabines" à caractère sexuel dans certains établissements.

Constatant par conséquent une absence de consensus sur le sujet, le ministère de la Santé demande aux hôpitaux concernés d'"organiser le retrait de l'ensemble des fresques à caractère pornographique et sexiste dans un calendrier qui ménage la concertation" avec les représentants des internes. En cas de désaccord persistant, les agences régionales de santé pourront "imposer" la disparition de ces peintures.

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Interrogée par l'AFP, l'Intersyndicale nationale des internes (Isni) ne s'oppose pas à ces directives, mais demande "que des moyens soient débloqués" pour assurer la conservation des fresques présentant un intérêt patrimonial. En outre, la présidente de l'Isni, Olivia Fraigneau, a également appelé les autorités à "se saisir de l'occasion pour enfin rénover les internats et ne plus passer sous silence les conditions désastreuses dans lesquelles on héberge les internes".


A. Lo. avec AFP

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