La gender reveal est un concept qui connaît de plus en plus de succès dans l'Hexagone.
Il s'agit d'une fête pour découvrir le sexe de son futur bébé.
Dans Bonjour ! La Matinale TF1, Benjamin Muller décrypte cette tendance venue des États-Unis.

Les vidéos de "gender reveal" sont parmi les plus populaires sur les réseaux sociaux. En effet, selon une étude, elles sont classées en 6ᵉ position dans le classement des vidéos les plus populaires, tous réseaux sociaux confondus. Il s’agit de fêtes durant lesquelles les futurs parents font découvrir à ses proches le sexe de leur bébé à naître. Elles peuvent être organisées en petit comité, à la maison, mais certains couples n’hésitent pas à mettre les petits plats dans les grands pour annoncer, en très grandes pompes, le genre de leur futur enfant. Benjamin Muller décrypte cette tendance dans Bonjour ! La Matinale TF1

Concrètement, comment ça se passe ?

En France, les futures mères demandent au médecin ou à la sage-femme qui réalise l’échographie d’inscrire sur un papier le sexe du bébé afin de ne pas le dire de vive voix dans le but de ne pas gâcher la surprise. Les gender reveal restent encore très enfermés dans les stéréotypes : la couleur bleue annonce la naissance d’un garçon, le rose signifie que le bébé est une fille. C’est aussi un business en pleine expansion. Des entreprises proposent de gérer toute l’organisation de la gender reveal moyennant des sommes parfois astronomiques qui peuvent monter jusqu’à plusieurs milliers d’euros.

La philosophe, psychanalyste et chercheuse Elsa Godart s’est intéressée au concept de gender reveal en cherchant à comprendre le phénomène, mais surtout ce qu’il dit de nous. "Dans notre société contemporaine, on assiste à un passage de l’intime à l’extime. Cela démontre une sorte de course à la popularité. On peut susciter le désir, l’envie et ainsi se sentir populaire. C’est un phénomène de starisation à moindre échelle", explique-t-elle. 

Pourquoi elles sont problématiques ?

L’organisation de ces fêtes dépasse parfois l’entendement. Au Brésil, un couple a contaminé une cascade qui alimentait une ville de 100 000 habitants en colorant l’eau en bleu. En 2018, un incendie a ravagé 20 000 hectares de forêt en Arizona avec l’explosion de l’engin qui était censé annoncer le sexe du bébé. Au Royaume-Uni, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux a été obligée de demander aux futurs parents de cesser de teindre les oiseaux pour les gender reveal après la mort d’un pigeon. 

Non seulement, elles causent des torts à la faune et à la flore, mais ces fêtes sont aussi problématiques, car elles illustrent la notion de "mort de l’intime". Cela va plus loin que de simplement montrer son quotidien puisqu’il s’agit de mettre en scène son enfant, qui n’est pas encore né. Elles peuvent aussi causer des troubles psychologiques à l’enfant, notamment dans le cas où l’un des parents exprime sa déception à l’annonce du sexe de son bébé. Enfin, en utilisant le rose et le bleu, cette pratique contribue à renforcer les stéréotypes de genre.


Sabine BOUCHOUL | Chronique : Benjamin MULLER

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