La colère des Gilets jaunes

"Mutilés pour l'exemple" : des Gilets jaunes victimes de violences appellent à une mobilisation nationale

La rédaction de LCI
Publié le 28 avril 2019 à 17h05, mis à jour le 29 avril 2019 à 7h44

Source : Sujet JT LCI

MOUVEMENT - Des Gilets jaunes blessés par les forces de l'ordre se constituent en collectif et appellent à une manifestation nationale le 26 mai. Ils espèrent combattre "l'ultra-violence de la répression" du mouvement et faire interdire "l'utilisation des lanceurs de balles de défense".

"Les mutilés pour l'exemple" en référence aux "fusillés pour l'exemple". Dimanche 28 avril, à Gennevilliers, des manifestants s'affichant pour la plupart en Gilets jaunes, gravement blessés lors des manifestations, ont annoncé la création d'un collectif. En tout, 19 personnes, toutes blessées par des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) ou de grenades, ont présenté ce collectif qui vise à combattre "l'ultra-violence de la répression" et souhaite faire interdire "l'utilisation de ces armes de guerre".

D'après le collectif, depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, 22 personnes ont perdu un œil et cinq ont été amputées d'une main, "sans compter les autres mutilations" (visages défigurés, perte d'odorat, testicule amputé). Lors de ce rassemblement, chacun a raconté comment sa "vie avait basculé" après avoir été blessé par un tir de LBD. 

C'est l'horreur au quotidien pour essayer de se démerder comme on peut avec une main

Sébastien Maillet, blessé le 9 février dernier à Paris

Des témoignages qui allaient de "l'impossibilité à se regarder dans une glace" à des cauchemars récurrents. "C'est l'horreur au quotidien pour essayer de se démerder comme on peut avec une main. Pour l'instant, c'est l'enfer total", a témoigné Sébastien Maillet, qui a eu la main arrachée le 9 février à Paris, lors de l'acte 13 des "gilets jaunes".

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"La monophtalmie complique toute votre vie. Les choses vous demandent beaucoup de temps et il y a un impact psychologique sur votre entourage et vos proches", a expliqué Patrice Philippe, ex-chauffeur routier de 50 ans blessé à l'oeil par un tir de LBD le 8 décembre 2018. "De nombreuses personnes ici présentes ont des plaques en titane et des vis dans le visage", a ajouté Robin Pagès, handicapé depuis sa grave blessure au pied en 2017 à Bure (Meuse), où est prévu un site d'enfouissement de déchets nucléaires.  

On réclame la vérité, la justice et l'interdiction des armes dites sublétales

Robin Pagès, blessé par un tir de LBD

"Vous avez 19 personnes devant vous et vous n'avez que 26 yeux qui vous regardent. Faites le compte, il y a un petit problème", a asséné Jérôme Rodrigues, Gilet jaune éborgné lors d'une manifestation fin janvier à Paris. "On réclame la vérité, la justice et l'interdiction des armes dites sublétales", a souligné Robin Pagès, critiquant la minimsation des chiffres par les autorités. En effet, il accuse le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner de mentir quand il parle de "seulement dix personnes touchées à la tête par des tirs de LBD". 

Ils appellent à une manifestation nationale le 26 mai prochain à Paris

Plusieurs associations, tout comme le  militent pour l'interdiction de cette arme lors des manifestations. Début mars, l'Intérieur comptabilisait 13.095 tirs de LBD depuis le premier acte de ce mouvement inédit et 83 enquêtes pour des tirs potentiellement problématiques. "Les mutilés pour l'exemple" appellent quant à eux, à une grande manifestation nationale le 26 mai prochain à Paris. 


La rédaction de LCI