Environ 35.000 policiers et gendarmes seront mobilisés chaque jour pendant les Jeux olympiques.
Conséquence : ils ne pourront pas remplir leur mission habituelle comme la surveillance des plages.
Dans ce contexte, certaines municipalités décident de recruter des maîtres-nageurs sauveteurs en plus quand d'autres envisagent des alternatives.

Leur été sera dédié aux Jeux olympiques. Des CRS seront mobilisés partout où se tiendront les épreuves, et seront donc absents des plages. Il n'y aura pas de policiers nageurs sauveteurs sur le littoral comme c'est habituellement le cas pendant la saison estivale. À titre de repère, en Gironde, par exemple, la majorité des postes de secours du département sont normalement composés d'un tiers de CRS et deux tiers de sauveteurs civils. Ils étaient 45 en Gironde l'été dernier tandis que l'on en comptera aucun pour la saison 2024. 

Ce changement de taille passe mal pour Philippe De Gonneville, le maire de Lège-Cap-Ferret où la population est multipliée par dix, l'été. "On comprend bien l'impératif de sécurité lié aux Jeux olympiques, néanmoins il faut que les services de l'État assurent la sécurité partout et la présence de CRS sur nos plages est indispensable", estime ce dernier dans le reportage en tête de cet article. Et de souligner : "d'abord, cela a une vertu dissuasive."

Les dispositifs de sécurité encore à l'étude

Pour assurer la surveillance des baigneurs, malgré tout, la municipalité a dans ce contexte décidé de recruter huit maîtres-nageurs sauveteurs supplémentaires. Mais ces derniers ne sont pas pour autant policiers, ce qui inquiète le référent sécurité des plages de la commune, lui-même CRS pendant 35 ans. Il redoute notamment un délai d'intervention plus long en cas de problème. 

Contactée, la préfecture de la Gironde assure que le département ne sera pas délaissé au profit des JO, mais que les dispositifs de sécurité sont encore à l'étude. "Nous travaillons sur le sujet au niveau de la zone Sud-Ouest, il y aura des effectifs semblables aux années précédentes pour assurer la sécurité cet été en Gironde", écrit-elle.

Autre exemple à Fort-Mahon-Plage (Somme), où les centaines d'hectares du massif dunaire qui entourent la ville sont habituellement surveillées par la garde républicaine chaque été. Pour cette année 2024, le maire craint que les gendarmes à cheval soient, eux aussi, réquisitionnés pour les JO. Alors, il réfléchit déjà à une alternative. "Tu as les chevaux ici, de bonnes cavalières, après, il faut voir pour les faire assermenter", lance-t-il à la responsable du centre équestre de la commune alors que pour pouvoir verbaliser, les civils doivent être assermentés. Le maire envisage donc d'en faire la demande pour les cavaliers du centre qui patrouillerait le cas échéant dans le massif. De son côté, la préfecture de la Somme affirme que le dispositif de sécurité estival sera reconduit cette année, mais que la question des renforts à cheval n'est pas encore tranchée.


A. LG | Reportage : Sophie Chevallereau, Benjamin Rey et Fabrice Amzel

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