Ces profs qui ont changé nos vies : "Elle a su me valoriser et trouver les mots qui ont fait de moi ce que je suis"

Amandine Rebourg
Publié le 17 mars 2017 à 10h00
Ces profs qui ont changé nos vies : "Elle a su me valoriser et trouver les mots qui ont fait de moi ce que je suis"

ENSEIGNEMENT - Le 19 mars, le Global Prize Teacher récompensera, comme chaque année, le "meilleur" enseignant du monde. A cette occasion, LCI a demandé à ses lecteurs de raconter s'ils avaient croisé la route d'un professeur exceptionnel au cours de leur scolarité. Et la réponse est "oui" ! Et quand les méthodes ou la personnalité d'un enseignant permet de surmonter les peurs ou les difficultés de leurs élèves, il est rare que ces derniers les oublient.

A l’occasion du Global Teacher Prize 2017 qui récompensera le 19 mars un professeur hors du commun, LCI a demandé à ses lecteurs si, au cours de leur scolarité, ils avaient croisé la route d’un professeur exceptionnel. Un(e) enseignant(e) ayant une manière d’enseigner bien à lui/elle. Et de témoigner de ce qu’ils avaient appris à son contact, et s’ils lui devaient le métier qu’ils exercent aujourd’hui. Ces professeurs n'ont pas été de simples enseignants : certains ont été des modèles, d'autres ont été des éducateurs. Ils ont ouvert les yeux de leurs élèves, leurs ont permis de s'affirmer au cours de leur parcours scolaire. 

Du professeur de mathématiques au chef cuisinier passionné, beaucoup ont laissé une empreinte indélébile dans la vie de leurs étudiants. Ils racontent. 

"N'ayez pas peur, venez rater"

Une professeure de mathématiques

Eric Creton se souvient de la manière dont son professeur captivait l'attention de ses élèves avec des méthodes assez simples. "Au collège, j'avais une professeur d'allemand, Frau Timula. Elle avait une méthode d'apprentissage bien particulière : elle était très maternelle dans son approche, avec de petits dessins, des panneaux, et une façon de parler particulière. Eh bien ça marchait, puisque j'avais d'assez bons résultats pour le cancre que j'étais". Même son de cloche du côté de Franck Rouillet, 22 ans et sans emploi. "J'ai eu un prof d'histoire en 6e qui avait sa propre façon d'enseigner. Lorsqu'il faisait cours sur un thème, il nous projetait un film en rapport à ce sujet. On faisait aussi des travaux pratiques et il nous racontait son vécu dans le pays concerné. Il arrivait à capter notre attention grâce à ça, ce qui était vraiment super", se souvient-il. 

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Parfois, la méthode ne suffit pas à dompter la peur de l'échec chez certains élèves. Certains professeurs ont trouvé une parade. "Elle savait qu'on était timides à l'idée d'aller au tableau résoudre un problème de maths, de peur de le rater. Pour qu'on sache qu'elle n'exigeait pas tout de nous, elle disait : "N'ayez pas peur, venez rater". Un jour, en répétant cette phrase, ça m'a poussé à aller résoudre une équation... Ce qui a changé ma vie", se souvient Mohamed Nzoh. 

"Il arrive qu'elle apparaisse dans mes rêves"

Pour Thibaut Simon, étudiant en faculté de lettres et futur enseignant du secondaire de francais, c'est une professeure de collège qui a fait de lui "un être critique et passionné". "Elle a sû me valoriser et trouver les mots qui font que je suis là où j'en suis aujourd'hui. Avec le rêve de devenir écrivain et la passion de l'enseignement (...)", se souvient le jeune homme.

 Pour Elodie Noël, journaliste et ancienne élève de 1ère S, le souvenir de sa prof est associé à l'exigence de cette dernière. C'est une professeure de français qui lui a donné envie de suivre une autre voie que celle habituellement conseillée aux "scientifiques". "On a eu la chance d'avoir une prof géniale, mais c'était un vrai tyran. J'ai passé un an à bosser comme une folle et à lire tout ce qu'elle nous recommandait, juste pour lui plaire. Et j'aimais tellement ce qu'elle nous apprenait, les belles lettres pour les belles lettres, que j'ai décidé de faire des études de lettres, contrairement à tous mes petits camarades de classes. Elle m'a tellement marquée que, parfois, il arrive qu'elle apparaisse dans mes rêves", nous raconte-t-elle. 

Et si tout était une question de confiance mutuelle entre l'élève et le professeur ?

Pour beaucoup de nos lecteurs, la confiance que leurs professeurs ont placé en leurs élèves, ainsi que la passion qu'ils mettaient dans l'enseignement, leur ont permis d'avancer. Ainsi, Agathe Mündler, étudiante en master pro, nous explique sur c'est son professeur de mathématiques au lycée qui lui a permis de progresser dans cette matière pas toujours appréciée des élèves. Mais pas seulement : "Il m'a permis de croire en mes capacités et de penser qu'à force d'efforts, on finit par y arriver. Il m'a permis de ne pas considérer quelque chose pour acquis (ma nullité en maths) car on peut toujours s'améliorer", dit-elle à LCI. 

Philippe Balland, qui travaille aujourd'hui dans l'aéronautique, nous raconte que c'est un professeur de mathématiques du collège qui lui a permis de croire en ses capacités à faire le métier dont il rêvait adolescent. Il raconte : "Il a tout fait pour que j'aille dans l'établissement qui me permettrait de faire le métier que je rêvais de faire ado : météorologue. La rigueur qu'il nous a transmise m'a suivi jusqu'à la fin de mon cursus et me suit encore dans mon travail qui est emprunt de mathématiques ! Je donne ponctuellement de l'aide en maths, justement, au fils d'un ami, et je m'efforce de me rappeler ce qu'il m'a appris et de le transmettre à mon tour". 

Jihane, elle, a pu dépasser ses difficultés grâce à l'implication personnelle, parfois, de son enseignant. "Dyslexique, j'ai été en Segpa (Sections d'enseignement général et professionnel adapté, ndlr). Mon professeur qui était à l'époque notre référent a vu en moi une grande capacité à surpasser ma dyslexie et mes lacunes en français. C'était le seul à croire en moi quand les autres enseignants et mes propres parents n'y croyaient pas. Je voulais mon bac +2 et travailler dans une grande entreprise : il m'a donné des heures de cours en plus, m'a inscrite au théâtre pour combattre ma timidité. Grâce à son travail acharné, je suis sortie de la Segpa pour être acceptée dans un lycée et préparer mon baccalauréat en comptabilité-gestion. J'ai eu mon diplôme et aujourd'hui j'étudie à l'université Lumière-Lyon 2, et je compte bien aller plus loin". 


Amandine Rebourg

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