Débat avec Macron au Salon de l'agriculture : l'invitation des Soulèvements de la Terre crée un tollé… avant d'être annulée

par T.A.
Publié le 22 février 2024 à 23h35, mis à jour le 22 février 2024 à 23h43

Source : JT 20h Semaine

D'abord invité à débattre avec Emmanuel Macron lors du Salon de l'Agriculture, le collectif des Soulèvements de la Terre ne sera finalement pas convié par l'Élysée.
Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau avait prévenu qu'il ne participerait pas à ce rendez-vous si l'ONG était présente.
L'exécutif avait longtemps cherché à dissoudre l'association écologiste, avant que le Conseil d'État n'annule cette décision.

Ils ne seront finalement pas autour de la table pour débattre de la situation du secteur agricole. Les Soulèvements de la Terre ont été désinvités par l'Élysée du grand débat prévu à l'ouverture du Salon de l'Agriculture, samedi, et auquel participera le président de la République, Emmanuel Macron. Durant l'après-midi, l'exécutif avait ainsi confirmé la tenue d'une discussion d'au moins deux heures, "ouverte" et "sans filtre", avec "l'ensemble des acteurs du monde agricole". L'objectif affiché ? "Esquisser l'avenir" de la filière française. 

Les représentants des principaux syndicats agricoles (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale, Confédération paysanne, etc.), de la grande distribution (Lidl, Leclerc...), des industriels (Bigard) et des ONG étaient donc invités à participer. La venue des Soulèvements de la Terre, collectif écologiste engagé notamment contre les mégabassines, avait de quoi surprendre. En effet, le gouvernement avait longtemps souhaité dissoudre ce collectif écologiste, engagé par exemple contre la discussion de mégabassines, mais le Conseil d'État avait finalement annulé cette décision.

La FNSEA met la pression

Mais voilà : la présence dans un premier temps annoncée des Soulèvements de la Terre a rapidement créé une levée de boucliers d'une partie du monde agricole. Ce jeudi soir, Arnaud Rousseau, le puissant président du principal syndicat agricole français, la FNSEA, avait publiquement décliné l'invitation du chef de l'État à ce rendez-vous à cause de la participation des Soulèvements de la Terre – qui n'avaient d'ailleurs toutefois pas, de leur propre aveu, reçu la moindre invitation officielle. 

"L'invitation par le PR [président de la République] au Salon de l'Agriculture d'un groupuscule dont la dissolution a été demandée par son propre gouvernement est une provocation inacceptable pour les agriculteurs, a ainsi écrit Arnaud Rousseau sur le réseau social X ce jeudi. J'avais accepté de participer à un débat. Dans ces conditions, je refuse de prendre part à ce qui ne sera qu'une mascarade." La pression s'accentue alors sur l'Élysée, alors que le syndicat a soutenu la contestation des agriculteurs partout en France cet hiver.

Indignations de la droite et l'extrême droite

Plusieurs personnalités politiques, notamment à droite et à l'extrême droite, dénoncent aussi la présence du groupe. "Inviter à un débat les Soulèvements de la terre, association qui a fait l’objet d’une demande de dissolution pour sabotage, destruction et violences, est un affront pour les agriculteurs", a ainsi insisté l'ex-candidate RN à la présidentielle Marine Le Pen sur X. "Emmanuel Macron débute le salon de l’Agriculture par un bras d’honneur adressé aux agriculteurs", a pour sa part estimé Céline Imart, numéro 2 sur la liste des Républicains aux prochaines élections européennes. 

Sous la pression, l'Élysée décide donc de reculer. "Pour soutenir nos agriculteurs et réussir la transition agricole, confronter les points de vue, même très opposés, est indispensable, a justifié l'exécutif plus tard dans la soirée. C’est pourquoi un grand débat se tiendra, qui, à l’occasion de l’ouverture du SIA, réunira des agriculteurs et leurs représentants, mais aussi des distributeurs, des industriels et des défenseurs de l’environnement. Pour garantir la sérénité des débats, Les Soulèvements de la Terre n’y sont pas conviés." Le groupe ne sera donc finalement pas présent samedi pour échanger avec le chef de l'État.

Les agriculteurs restent très mobilisés ces derniers jours avec de nouveaux rassemblements un peu partout en France pour demander des "actes" après les annonces de mesures d'urgence de la part du gouvernement il y a quelques semaines. Le Premier ministre Gabriel Attal se rendra en Charente-Maritime vendredi pour rencontrer des représentants de syndicats agricoles.


T.A.

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