Covid-19 : le défi de la vaccination

Gratuité des soins aux non-vaccinés : "C'est une réflexion éthique", pour le Pr Gilles Pialoux

E.Ro
Publié le 27 janvier 2022 à 11h08
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Source : L'Invité Politique

Le directeur de l'AP-HP Martin Hirsch a relancé le débat sur la possibilité de faire payer les soins pour les personnes non-vaccinées.
Pour le Pr Gilles Pialoux, il s'agit d'une question d'ordre éthique.
Il prévoit encore "quelques semaines difficiles" liée à la vague de contaminations.

"On soigne les antivax, on soigne les non-vaccinés". Invité sur le plateau de LCI ce jeudi, le Professeur Gilles Pialoux est revenu sur les interrogations de Martin Hirsch qui ont suscité de nombreuses réactions la veille. 

Le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) s'est posé à haute voix la question de savoir si les patients non-vaccinés en réanimation doivent continuer à bénéficier de la gratuité des soins. "Quand un instrument de prévention gratuit est disponible, qu'il peut être utilisé, qu'il est reconnu par la communauté scientifique comme quelque chose d'utile et qu'on y renonce, est-ce qu'on y renonce sans en porter aucune des conséquences ?" s'est-il demandé sur le plateau de "C à Vous" sur France 5. 

"Créer une jurisprudence ne me parait pas une bonne idée"

Si Martin Hirsch a reconnu que le "débat est délicat", Gilles Pialoux, le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon à Paris, a qualifié cette question "d'éthique". "Je pense que c'est une question pour laquelle un autre Hirsch, Emmanuel, qui s'occupe d'éthique, aurait une très bonne réponse". 

"On ne peut pas créer un cadre d'éthique spécial, même en pleine crise sanitaire pour le Covid. Ce qui s'appliquerait dans cette logique-là au Covid, s'appliquerait pour le cancer du poumon à ceux qui continuent de fumer" a-t-il expliqué avant de souligner qu'agir de la sorte "ça enlève tout un pan, une digue éthique qui est qu'on soigne évidemment tous les gens qui ont pris des risques. Créer une jurisprudence ne me parait pas une bonne idée". 

"C'est une réflexion qui dépasse le cadre de l'hôpital public"

Pour Gilles Pialoux, si cette question "est utile car on ne comprend pas pourquoi les gens s'obstinent à ne pas utiliser un outil qui est efficace", elle doit être posée en dehors des seuls établissements de santé. "C'est une réflexion qui dépasse le cadre de l'hôpital public, c'est une réflexion qui est parlementaire et d'ordre éthique". 

Le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon a par ailleurs insisté sur le fait que les hôpitaux prennent en charge tous les patients. "On soigne les antivax, on soigne les non-vaccinés", a-t-il martelé en soulignant ensuite que parmi les patients en soins critiques "il n'y a pas que des antivax, il y a aussi des non-vaccinés qu'on n'est pas allés chercher". 

Instaurer une 4e dose de vaccin ?

Quant à l'évolution de l'épidémie, Gilles Pialoux a affirmé que le nombre de malades en service de réanimation et le nombre de passages aux urgences a légèrement baissé dans l'établissement où il exerce, "mais quand on libère un lit on le remplace par un malade" a-t-il déploré. 

Parmi les malades accueillis, il y a des non-vaccinés mais aussi beaucoup de "personnes ne sont pas suffisamment vaccinées, qui n'ont que deux doses par exemple", selon le professeur. C'est pourquoi avant de s'interroger sur la mise en place d'une quatrième dose de vaccin contre le Covid, "il faut aller chercher les troisièmes doses". 

"On a encore quelques semaines difficiles, surtout à l'hôpital" a enfin prévenu Gilles Pialoux, "ça n'est pas le moment de lâcher le dépistage et les gestes barrières".


E.Ro

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