Trois des quatre terminaux méthaniers qui permettent d'importer du gaz naturel liquéfié ont été mis à l'arrêt pour 7 jours en France.
Une manière de protester contre le projet de réforme des retraites du gouvernement.
Cette action peut-elle menacer l'approvisionnement en gaz des entreprises et ménages français ?

Les syndicats avaient prévenu : ce mardi 7 mars, ils veulent mettre la France à l'arrêt. De nombreux secteurs mènent des actions de blocage en ce jour de mobilisation contre la réforme des retraites. Les expéditions de carburants sont à l'arrêt ce mardi matin à la sortie de "toutes les raffineries" de France et trois des quatre terminaux méthaniers qui permettent d'importer du gaz naturel liquéfié (GNL) dans l'Hexagone ont été mis à l'arrêt pour une durée de sept jours.

Avec cette action, la CGT Elengy souhaite faire entendre son opposition au texte actuellement débattu au Sénat et qui prévoit notamment le report de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Dans le détail, deux terminaux de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) sont à l'arrêt ainsi que celui de Saint-Nazaire (Montoir-de-Bretagne, Loire-Atlantique). Le quatrième terminal méthanier de l'Hexagone, opéré à Dunkerque par le groupe belge Fluxys, est aussi entré en grève pour 48 heures à compter de mardi matin, a indiqué la direction de ce groupe à l'AFP.

"Pas d'impact" à ce stade

Ces terminaux servent à décharger le GNL importé par des navires méthaniers. Ils sont capables de regazifier la matière acheminée et de la réinjecter dans les réseaux terrestres. S'ils sont à l'arrêt, c'est tout le processus qui est stoppé - déchargement des navires méthaniers et remplissage des citernes de GNL - ce qui pourrait coûter cher à l'économie française. Les trois terminaux de Fos-sur-Mer et de Saint-Nazaire alimentent en effet le réseau de distribution GRTgaz. 

Ces arrêts ont toutefois été menés "dans des conditions de sécurité classique" et n'ont, à ce stade, "pas d'impact" pour le grand public, a certifié la direction d'Elengy, la filiale d'Engie. Mais la situation est surveillée de près, puisque l'autre source d'alimentation pour le réseau GRTgaz, les stockages, "sont extrêmement sollicités pour combler le manque" et feront l'objet de barrages filtrants à partir de mardi, a assuré la CGT.

En cas de difficultés d'approvisionnement trop importantes, les centrales de production d'électricité fonctionnant au gaz pourraient être touchées, tout comme certains industriels considérés comme des clients "effaçables", c'est-à-dire qui sont en mesure de s'approvisionner autrement en énergie, assure la CGT, qui affirme que les particuliers ne seront pas touchés.

50% de l'approvisionnement en gaz français

Ces arrêts interviennent alors que la filière GNL française tente de se développer pour éviter une nouvelle flambée des prix de l'énergie. Si les terminaux méthaniers tricolores n'étaient remplis qu'à 40% de leurs capacités jusqu'en 2021, ils ont fonctionné à plein régime en 2022, après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Avec l'invasion russe, le GNL a progressivement remplacé le gaz russe qui arrivait par gazoduc pour la France.

En 2022, les terminaux méthaniers de l'Hexagone ont ainsi représenté "50% de l'approvisionnement en gaz français", selon Elengy. Une part qui devrait encore largement augmenter en 2023. Les flux de GNL vers la France se sont intensifiés en 2022 (+102%), "faisant du pays un point d'entrée majeur du GNL en Europe", selon le bilan 2022 de GRTgaz. Et l'enjeu est de taille : l'Europe a importé 38 millions de tonnes de GNL supplémentaires en 2022.


Annick BERGER avec AFP

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