Grève SNCF pour Noël : le collectif ASCT, ce mouvement né sur Facebook qui échappe aux syndicats

I.N
Publié le 21 décembre 2022 à 16h07

Source : JT 20h Semaine

Un train sur trois ne circulera pas lors du week-end de Noël en raison d'une grève menée par les contrôleurs de la SNCF.
À l'origine du mouvement, le collectif ASCT, créé sur les réseaux sociaux, loin des syndicats traditionnels.

Week-end de galère à venir sur les rails. Seuls deux trains sur trois circuleront en France pour les fêtes de Noël, après un mouvement de grève des contrôleurs, selon les prévisions de la SNCF. De nouvelles difficultés pour les usagers après celles de début décembre, lorsque 60% des TGV et Intercités avaient été annulés. Mais cette fois, les perturbations sont de nature différente.

Elles trouvent leur origine dans les revendications du collectif ASCT (Agents du service commercial train), et non des syndicats traditionnels. Tout juste né sur Facebook, il rassemble plus de 3500 membres, des contrôleurs de toute la France. Son but ? Peser pour obtenir de meilleures conditions de travail, sans passer par les représentants syndicaux habituels.

Tout part d'un "groupe de discussion", raconte son responsable, Olivier, au micro de France Inter. "Nous avons réalisé que le malaise était généralisé, nous avions les mêmes attentes, les mêmes souffrances au travail." Des difficultés auxquelles les syndicats n'ont pas permis d'apporter suffisamment de réponses, selon lui. "Nous avons travaillé avec les syndicats, nous leur avons demandé de nous aider. [...] Nous avons besoin de leur soutien, et pendant des années, ils n'ont pas pu nous aider de façon catégorielle."

Les syndicats pas totalement écartés

Pour porter leurs revendications - une meilleure reconnaissance de la spécificité de ce métier -, les différents membres ont créé le "collectif national ASCT" (CNA). Avant de pousser la porte des dirigeants de la SNCF. À l'issue d'une réunion avec le CNA et les syndicats le 8 décembre dernier, la direction propose d'augmenter la "prime de travail" des chefs de bord (nom officiel des contrôleurs) de 600 euros par an, dont une partie serait intégrée à leur salaire en 2024, ainsi qu'une indemnité supplémentaire de 600 euros bruts par an. D'autres mesures spécifiques concernant l'avancement ont été mises sur la table afin de faciliter le déroulement de carrière des chefs de bord.

Créé en dehors de tout cadre syndical, le collectif a toutefois besoin d'eux pour peser. En réponse aux propositions de la direction, le CNA consulte ses membres sur les réseaux sociaux pour déterminer les suites à donner. Faussé par "de nombreuses fraudes et tentatives de manipulation du vote", le scrutin est finalement annulé : les syndicats sont directement chargés de sonder leurs adhérents.

Les préavis de grève déposés par les syndicats leur sont également nécessaires. Pour ce week-end de Noël, la CGT-Cheminots et SUD-Rail n'appellent pas directement à se joindre au mouvement social, mais ont tout de même maintenu leur préavis pour permettre à ceux qui le souhaitent de se mettre en grève. "Si vous faites un geste, demain, tous les trains circulent", a tempéré, ce mercredi sur BFM TV, Olivier, le responsable du CNA, à l'adresse de sa direction. "Mais cela fait plus d'une semaine que nous n'avons pas de négociations. Nous voulons être reconnus par notre entreprise et elle le refuse."


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