Transports : un hiver sous le signe des grèves

Grève RATP : les usagers entre agacement et résignation

A. LG
Publié le 18 février 2022 à 13h05, mis à jour le 18 février 2022 à 19h05
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Les habitants de région parisienne sont confrontés vendredi à une grève de la RATP pour les salaires.
Agacés pour certains, résignés pour d'autres, les usagers franciliens ont dû s'adapter, mais ont paru en mesure d'éviter les galères.

C'est la première grève massive depuis le début de la pandémie. La RATP, dont les syndicats ont appelé à une journée de mobilisation, ce vendredi 18 février, pour demander une revalorisation salariale substantielle au vu du contexte économique et de l'inflation, a invité "tous les voyageurs qui en ont la possibilité à différer leur déplacement sur le réseau"

À l'heure du télétravail, cette option, recommandée tant par la RATP que par l'autorité régionale des transports Ile-de-France-Mobilités et Jean-Baptiste Djebbari, le ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, chargé des Transports, a visiblement été suivie par nombre de Franciliens. Mais des milliers d'autres usagers, non concernés, ont dû composer avec la grève.

Outre les huit lignes de métro totalement à l'arrêt, les RER, trams et bus sont aussi perturbés, et la situation gardait un arrière-goût de la dernière grande grève d'ampleur contre la réforme des retraites, fin 2019. "Ce matin la Ligne 3, c'est quelque chose... fermée direction Levallois jusqu'à 16h. Vive le service mini, vive la France et ses grèves", témoigne un usager sur la Toile. "Et maintenant l'enfer dans le métro parisien de 9h30 à 16h30", renchérit un second alors que certaines lignes ne sont ouvertes qu'aux heures de pointe. 

"Franchement la RATP, supprimer des lignes qui desservent des hôpitaux je ne comprends pas. La grève est un droit, ok, mais se faire soigner en est un aussi !", peut-on aussi lire, tandis qu'un autre s'exaspère : "Il est 9h53 et les lampistes de la RATP ont déjà fait chier des milliers de personnes. Des lycéens et des étudiants qui veulent étudier, des salariés qui veulent aller bosser, des profs ou des infirmiers qui veulent assurer leur mission. Une honte".

À contre-courant de ces témoignages, certains qui s'attendaient à une vraie pagaille dans les transports, ont affiché une certaine satisfaction. "Jour de grève à la RATP, je me prépare psychologiquement depuis hier pour prendre le RER B, au final j'ai attendu une minute sur le quai et les rames sont quasi vides J'ADORE", écrit une internaute. "Les jours de grève RATP sont vraiment les jours où j’ai le moins de galère de transport. Le reste du temps, je suis en retard", abonde une autre usagère. "C’est une grève RATP pas SNCF, j’ai pas eu de soucis pour aller au taffe (au boulot, ndlr)", résume une autre.

Pour rappel, la RATP a également fait savoir que deux des lignes du métro qui devaient être totalement fermées, la 11 et 12, étaient finalement en partie ouvertes. En outre, sur la ligne 1, une des deux lignes automatiques et donc non affectées par la grève, il n'y a finalement eu aucune saturation en heures de pointe du matin (entre 06h30 et 09h30), contrairement aux craintes. 

"On va y aller à pied, hein"

Concrètement, à la veille des vacances scolaires, les usagers franciliens ont aussi dû s'adapter pour être en mesure d'éviter les galères. En changeant de mode de transport (vélo, trottinette...) : "Probable conséquence de la grève RATP, beaucoup plus de cyclistes que d'habitude sur le Faubourg Saint-Antoine dans le sens Est/Ouest". En optant pour la marche : "55 min de transport pour aller à 3,7km de chez moi à cause de la grève. On va y aller à pied, hein".  Ou encore en changeant d'itinéraire : "Donc pour rentrer déjeuner ce midi, il va falloir improviser avec le réseau R.E.R".

De nombreux Franciliens se sont également rabattus sur leur voiture : sur l'ensemble de l'Ile-de-France, la direction des routes a comptabilisé, via son site Sytadin, jusqu'à 270 kilomètres de bouchons un peu avant 08h puis avant 09h, soit un cumul "exceptionnel pour cette heure".

Si, en raison de ces diverses alternatives - à commencer par le télétravail -, la cohue constatée lors de la grande grève de décembre 2019 n'a pas eu lieu, cela a suffi à raviver chez certains un sentiment de résignation. "Quand y'a une grève de la RATP c'est que tout commence à redevenir normal en France", pouvait-on lire sur Twitter. Mais aussi : "la nature reprend ses droits" ou "Vacances de Noël : Grève SNCF, Vacances de février : Grève RATP, Vacances de Pâques : ?"

Ou à remettre sur la table la question de la privatisation : "Vivement la privatisation de la SNCF et de la RATP pour ne plus avoir de grève et un meilleur service".

Se déplacer dans Paris devait tout même rester épineux en journée ce vendredi, mais pour le moment, aucune autre journée de grève n'est prévue après.


A. LG

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