Salaires : mobilisation loin des records de la bataille des retraites avant la conférence sociale

par A. LG avec AFP
Publié le 13 octobre 2023 à 18h15

Source : JT 20h Semaine

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi pour les salaires dans de nombreuses villes de France.
La mobilisation n'a rien de comparable avec celle des 14 journées d'action contre la réforme des retraites entre janvier et juin.
Les syndicats espèrent toutefois peser sur la conférence sociale programmée lundi.

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi en France pour les salaires, les syndicats espérant peser sur la conférence sociale programmée lundi. Quelque 230 actions étaient programmées dans de nombreuses villes, mais les cortèges étaient loin des niveaux du printemps, où le million de manifestants avait été atteint à plusieurs reprises, selon les autorités, dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites.

À Paris, la manifestation entre la place d'Italie et la place Vauban était de fait clairsemée. Elle a réuni 20.000 personnes, selon la CGT, alors que pendant le mouvement des retraites, le syndicat n'avait jamais recensé moins de 300.000 personnes dans la capitale. À Marseille, ils étaient 10.000 selon la CGT, 2100 selon la préfectureÀ Toulouse, ils étaient entre 2000 (préfecture) et 15.000 (organisateurs). À Nantes, plusieurs milliers de personnes ont aussi défilé, tandis qu'à Rennes, ils étaient entre 3000 (CFDT) et 1770 (préfecture) et à Rouen entre 2000 (CGT) et 1300 (préfecture). À Bordeaux, les organisateurs ont compté 3500 manifestants, la préfecture 1300. Ils étaient encore entre environ 1200 (police) à Saint-Étienne et 4000 (CGT) ou entre 1300 et 2000 à Grenoble.

"On ne peut pas battre des records tout le temps"

Tout en prédisant une "forte" mobilisation, la numéro un de la CGT Sophie Binet avait plus tôt reconnu qu'elle ne serait "probablement pas au niveau de celles contre la réforme des retraites". Mais, a-t-elle jugé en marge d'une conférence de presse de l'intersyndicale dans la capitale, "c'est normal, on a connu six mois de mobilisation historique", "on ne peut pas battre des records de France tout le temps". 

"On ne passe pas d’un mouvement qui échoue [contre la réforme des retraites] à une mobilisation facile", a constaté dans le cortège lyonnais Rindala Younes, professeure de français syndiquée au Snes-FSU, soulignant que "sur la question des salaires, les gens galèrent vraiment". La préfecture a recensé 2600 manifestants dans cette ville. 

Dans les transports, la circulation des trains était légèrement perturbée vendredi sur certaines lignes régionales, mais normale pour le TGV. En Ile-de-France, des perturbations affectaient certaines lignes RER, mais à Paris, métros, bus et tramways circulaient normalement. Le trafic aérien était également perturbé en France et en Europe. Côté éducation, le ministère a fait état d'un faible taux de grévistes de 3,65% en moyenne chez les enseignants. La tour Eiffel a été fermée, ainsi que le musée du Louvre brièvement.

Les leaders syndicaux espèrent que cette journée permettra de peser dans les discussions avec la cheffe du gouvernement Élisabeth Borne au cours de la conférence sociale lundi au Conseil économique social et environnemental (Cese). Les syndicats réclameront notamment une "conditionnalité des aides publiques aux entreprises", soit le maintien des exonérations de cotisations à condition que la branche n'ait pas de minima en dessous du salaire minimum. Mais certains craignent qu'il n'y ait "pas beaucoup de propositions effectives" à l'issue de la conférence. 


A. LG avec AFP

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