À la veille de la onzième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, le blocage dans les raffineries se poursuit.
La ministre de la Transition énergétique a néanmoins annoncé une amélioration de la situation à la pompe.
Retour sur la situation dans les sept raffineries en France métropolitaine.

Contre la réforme des retraites, les organisations syndicales dans les raffineries ont appelé les salariés de ces branches à se mobiliser dès le début du mouvement. À la veille de la onzième journée d'action menée par l'intersyndicale, la grève se poursuit sur certains sites, impactant la distribution de carburants, notamment en Centre-Val de Loire et en Ile-de-France. 

"On va dans un sens d'amélioration", a néanmoins affirmé la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher sur franceinfo, mettant en avant les réquisitions demandées par le gouvernement. Retour sur la situation dans les sept raffineries en France métropolitaine.

Deux sites sur sept à l'arrêt à cause de la contestation contre la réforme

Dans la raffinerie Esso-ExxonMobil de Port-Jérôme-Gravenchon, en Seine-Maritime, le mouvement de grève contre la réforme des retraites se poursuit et a été reconduit jusqu'à jeudi, journée nationale de mobilisation. Les grévistes ont néanmoins accepté de signer un protocole avec la direction, qui prévoit la sortie de 43 millions de litres de carburants afin d'approvisionner les stations-services d'Ile-de-France.

Par ailleurs, le groupe pétrolier a annoncé le redémarrage le 4 avril de la production, qui avait été mise à l'arrêt le 25 mars dernier, faute de pétrole brut à raffiner en raison de la grève au terminal pétrolier du Havre. Cette raffinerie représente à elle seule 20% de la capacité de raffinage en France.

Dans la raffinerie voisine du groupe TotalEnergies, à Gonfreville-L'Orcher, la grève est reconduite également. La production est à l'arrêt depuis le 18 mars dernier et jusqu'au moins le 7 avril. Selon plusieurs syndicats, l'évolution du mouvement dépendra de l'ampleur de la 11e journée de mobilisation. Des réquisitions sont néanmoins effectives depuis le lundi 3 avril et jusqu'au 6 avril sur le site, a indiqué la CGT Chimie, confirmant implicitement une reprise des expéditions depuis cette raffinerie qui est la plus grande de France. Ces expéditions doivent approvisionner l'Ile-de-France et le Centre-Val de Loire où les stations-service sont en tension.

Des expéditions sporadiques

La raffinerie de TotalEnergies à Donges, en Loire-Atlantique, est aussi toujours impactée par la grève, débutée le 7 mars dernier. Elle a été reconduite par la CGT et la CFDT pour une cinquième semaine le 31 mars dernier, jusqu'au 6 avril, jour de mobilisation nationale. Force Ouvrière avait néanmoins appelé à faire grève sur ce site jusqu'à ce mercredi 5 avril. La production sur ce site est à l'arrêt, mais pour un problème technique qui n'a pas de lien avec le conflit. 

Dans les Bouches-du-Rhône, à la raffinerie Esso-ExxonMobil de Fos-sur-Mer, les salariés sont toujours en grève, selon la CGT Chimie, mais des expéditions de carburants sont organisées sporadiquement pour vider les bacs et éviter un arrêt de la production. Des réquisitions ont aussi été décidées ce site, selon la CGT

Dans ce département toujours, la raffinerie de Lavera, qui est le seul site de la société PetroIneos, est à l'arrêt. Ses expéditions ont néanmoins repris, ce qui pourrait bientôt annoncer un redémarrage de la production. La bioraffinerie TotalEnergies de la Mède est aussi impactée par un blocage des expéditions depuis le 7 mars. Des travaux de maintenance en cours ont par ailleurs obligé un arrêt du raffinage. 

Enfin, dans le Rhône, la raffinerie TotalEnergies de Feyzin "tourne et ils livrent", a indiqué Eric Sellini, secrétaire fédéral de la CGT Chimie. Les expéditions ont ainsi repris depuis quelques jours et la production est en service, mais à "débit réduit", a rapporté la direction du groupe.


Aurélie LOEK

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