La SNCF prévoit de faire rouler 3 TGV sur 4 ainsi que 1 TER sur 2 ce jeudi en raison de la grève contre la réforme des retraites.
Près d'un enseignant du primaire sur cinq sera en grève jeudi, prévoit ce mercredi le Snuipp-FSU.
Voici les grèves à prévoir, secteur par secteur.

Les syndicats organisent une 11e journée de "grève et de manifestations" contre la réforme des retraites ce jeudi 6 avril. L'intersyndicale a appelé "à des rassemblements syndicaux de proximité définis localement et à une nouvelle grande journée de grève et de manifestations le jeudi 6 avril partout dans le pays" dans un communiqué mardi dernier. La rédaction de TF1Info fait le point sur les grèves à prévoir ce jeudi, secteur par secteur.

Transports

SNCF. La SNCF prévoit de faire rouler 3 TGV sur 4 ainsi que 1 TER sur 2 jeudi, a annoncé le groupe public mardi. Le trafic sera donc en nette amélioration par rapport aux journées précédentes, y compris en Ile-de-France où le trafic sera quasi normal sur le RER B et où 3 trains sur 4 circuleront sur le RER A. Le trafic Intercités restera en revanche très perturbé avec seulement un quart des trains maintenus par rapport à d'habitude et aucun train de nuit. Les liaisons internationales Eurostar vers l'Angleterre et Thalys vers le Benelux seront quasi normales. 

En Ile-de-France, seul le RER D restera très perturbé avec 40% des trains maintenus. Les lignes K et R du Transilien verront la moitié des trains circuler. Deux tiers du service habituel sera assuré sur les RER C et E et les lignes H, J, L et U. Enfin, les lignes N et P seront moins perturbées avec 3 trains sur 4 tandis que le service sera à peu près normal pour les trams T4, T11 et T13.

RATP. Le trafic sera "quasi normal" pour le métro et le RER à Paris jeudi, a annoncé la RATP mardi. Seules quelques lignes de métro connaîtront de légères perturbations. Le trafic sera normal à quasi normal sur les lignes 1, 2, 3bis, 6, 7, 9, 10 et 12. Sur la ligne 3, un train sur deux sera en circulation, tout comme sur la ligne 5 le matin, alors que seul un train sur trois y circulera l'après-midi. Sur la ligne 13, la RATP prévoit deux trains sur trois le matin et un train sur deux l'après-midi, alors que les métros n'y circuleront qu'entre 6h et 20h. 

Pour ce qui est des tramways et des bus, le trafic sera normal "sur l'ensemble du réseau". La mobilisation marque clairement le pas à la RATP alors que les responsables des huit principales organisations syndicales ont été reçus mercredi à Matignon par Elisabeth Borne pour tenter de trouver une issue à la crise. 

Aérien. La Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) demande aux compagnies aériennes d'annuler 20% de leurs vols dans plusieurs aéroports français en régions, a annoncé mardi l'administration. Ces annulations préventives, requises quasi-quotidiennement depuis près de trois semaines, concerneront 20% des vols à Marseille-Provence, Toulouse, Bordeaux et Nantes, en raison de la grève de contrôleurs aériens. L'aéroport parisien d'Orly, qui était jusqu'ici lui aussi visé par des demandes d'annulations de vols, n'est cette fois-ci pas concerné.

Éducation

Écoles primaires. "Autour de 20%" des enseignants du primaire seront en grève jeudi, prévoit mercredi le Snuipp-FSU, premier syndicat dans les écoles maternelles et élémentaires. Cette estimation est plus faible que celle de la précédente journée de mobilisation, le 28 mars, qui était de 30%. "On sent que ça devient de plus en plus compliqué de faire grève pour les collègues" car "les retraits de salaire commencent à peser", entraînant "un sacrifice financier", a expliqué à l'AFP la secrétaire générale du Snuipp-FSU, Guislaine David. 

Énergie

Raffineries. Du côté des raffineries, le groupe pétrolier Esso-ExxonMobil a annoncé mardi le redémarrage de la production de sa raffinerie de Port-Jérôme-Gravenchon, qui avait été mise à l'arrêt le 25 mars dernier faute de pétrole brut à raffiner en raison de la grève au terminal pétrolier du Havre contre la réforme des retraites. Le redémarrage de cette raffinerie qui représente à elle seule 20% de la capacité de raffinage en France, lancé "selon un séquençage ordonné des unités", va nécessiter "plusieurs jours avant de rétablir une production normale", a souligné la direction.

La grève y a été reconduite jusqu'à jeudi, journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites, mais les grévistes ont accepté la semaine dernière de signer un protocole avec la direction, qui prévoit la sortie de 43 millions de litres de carburants des bacs remplis à ras bord, afin d'approvisionner les stations-service d'Ile-de-France.

Dans la même optique, la raffinerie voisine du groupe TotalEnergies, à Gonfreville-L'Orcher, la plus grande de France, a fait l'objet de réquisitions de salariés de la part du gouvernement et expédie depuis lundi matin des carburants vers l'Ile-de-France. La plupart des départements de la région parisienne voient le tiers de leurs stations-service touchées par des pénuries de super sans plomb.

Éboueurs

Paris. La CGT de la filière déchets et assainissement de Paris appelle à une nouvelle grève reconductible contre la réforme des retraites à partir du jeudi 13 avril. Cette annonce intervient alors que les rues de Paris ont retrouvé en ce début de semaine une apparence quasi normale après trois semaines d'une grève aboutissant à un pic à plus de 10.000 tonnes d'ordures non ramassées et à des tas de poubelles atteignant plusieurs mètres de hauteur dans certains quartiers.

Mais depuis la levée du mouvement mercredi, et encore ce mardi, les trois incinérateurs d'Ivry-sur-Seine, d'Issy-les-Moulineaux et de Saint-Ouen, cruciaux pour l'évacuation des déchets de la capitale, font l'objet de blocages sporadiques quotidiens par des personnes extérieures au secteur. Ces blocages compliquent la collecte des déchets dans Paris car les trajets sont "plus longs" et certaines bennes rentrent au garage "sans avoir pu vider leur contenu", souligne encore la mairie.

Rennes et Nantes. Fortement perturbée depuis début mars par les mouvements sociaux contre la réforme des retraites, la collecte des déchets avait repris mercredi dans les métropoles de Rennes et Nantes, où il faudra toutefois plusieurs semaines pour venir à bout des tonnes d'ordures accumulées. Dans la banlieue de Rennes, les deux sites du groupe Suez, bloqués depuis le 13 mars par des grévistes, ont été dégagés mardi après-midi après une intervention des forces de l'ordre.


Marius BOCQUET avec AFP

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