Grève du 7 mars : "la France à l'arrêt", jusqu'à quand ?

Publié le 6 mars 2023 à 16h44, mis à jour le 6 mars 2023 à 17h01

Source : JT 20h WE

L'ensemble des syndicats hostiles à la réforme des retraites appellent à "mettre la France à l'arrêt" ce mardi 7 mars.
Contrairement aux précédentes mobilisations, celle-ci pourrait durer plusieurs jours.
Jusqu'où les syndicats sont-ils prêts à aller ?

Les syndicats avaient coché la date depuis près d'un mois. Ce mardi 7 mars, l'ensemble des organisations syndicales hostiles à la réforme des retraites appellent à "mettre la France à l'arrêt" pour contraindre le gouvernement à reculer. Et la mobilisation promet d'être massive : de source policière, les services de renseignements attendent entre 1,1 et 1,4 million de manifestants en France, tandis que les appels à la grève se sont multipliés ces derniers jours dans plusieurs secteurs.

Contrairement aux précédents rassemblements, la grève ne cessera pas une fois la journée de mobilisation passée. Les syndicats de la SNCF et la RATP ont d'ores et déjà appelé à une grève "reconductible", tout comme dans les raffineries, et une mobilisation à "durée illimitée" est prévue chez les chauffeurs routiers. "Nous verrons quelle sera la mobilisation du 7, les blocages qui en découleront, et la réaction du gouvernement. Mais si l'exécutif ne réagit pas, la reconductibilité du mouvement est fort probable", assure à TF1info Erwan Le Quellec, animateur de la branche des industries électriques et gazières CFDT en Lorraine.

Une détermination très forte à poursuivre l'action jusqu'au retrait
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT des ingénieurs cadres techniciens

D'autant que le lendemain, le 8 mars, est un jour spécial : la journée internationale des droits des femmes. "L'intersyndicale appelle les salariés à s'inscrire dans les initiatives prévues à cette date", insiste auprès de TF1info Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT des ingénieurs cadres techniciens. Des grèves sont d'ores et déjà prévues dans plusieurs secteurs : "la santé, les transports, ou encore l'énergie", détaille la syndicaliste. "À chaque fois, il y aura des initiatives spécifiques au 8 mars, avec la dénonciation des inégalités salariales."

Et pour la suite ? "Ça va durer, il ne peut pas en être autrement", abonde Erwan Le Quellec. "Depuis janvier, l'intersyndicale innove. Il n'est pas impossible qu'il y ait des grèves tournantes : le transport à un moment, puis la chimie-énergie à un autre par exemple." Avec un mot d'ordre : obtenir le retrait de cette réforme, qui prévoit notamment de reporter l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans.

"Il y a une détermination très forte à poursuivre l'action jusqu'au retrait", assure Sophie Binet. "La reconduction de la grève peut prendre des formes diversifiées en fonction des secteurs : 24 heures de grève supplémentaires, du débrayage plus tôt, ou encore le refus d'heures supplémentaires, ce qui désorganise complètement le travail. Et dans certains secteurs, comme dans l'énergie ou les transports, le 9 mars pourrait être similaire au 7."

Une mobilisation illimitée ? "Le blocage ne pourra pas être suivi indéfiniment"

Les salariés eux-mêmes auront le dernier mot. "Ce sont les piquets de grève qui décideront des actions menées par la suite", poursuit Erwan Le Quellec. "Dans le contexte actuel de difficultés des ménages autour du pouvoir d'achat, le blocage ne pourra pas être suivi indéfiniment", tempère-t-il. "C'est pour cela que depuis le début, les dates des manifestations ont été assez espacées. Mais tout est possible. Cela peut tenir un moment."

Y compris si la réforme est adoptée par le Parlement. "Nous continuerons à faire des manifestations, à dénoncer cette réforme et cet âge de 64 ans", promet la CFDT. "Imaginer, comme le fait le gouvernement, qu'il n'y aura plus de mobilisations si la réforme est adoptée, non", martèle la CGT. "En 2006, lors de la lutte contre le contrat première embauche, il y a encore eu des journées d'actions avec un nombre élevé de manifestants après l'adoption de la réforme, ce qui avait contraint le président de la République de l'époque, Jacques Chirac, à ne pas promulguer la loi."

Quatre ans plus tard, en 2010, Nicolas Sarkozy avait toutefois réussi à repousser l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, malgré la fronde des syndicats. "Nous nous sommes instruits" de cette défaite, atteste Sophie Binet. "En 2010, les grèves reconductibles avaient été plus limitées qu'elles vont l'être cette année. Nous ferons tout ce qu'il faut pour gagner."


Idèr NABILI

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