Grippe aviaire : en quoi consiste l'expérimentation de vaccins pour les palmipèdes, lancée ce mardi ?

Kattalin CAUBET
Publié le 10 mai 2022 à 16h54
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

La France traverse un quatrième épisode de grippe aviaire particulièrement meurtrier.
Pour tenter d'y répondre, deux vaccins sont testés sur les palmipèdes à partir de ce mardi.
De quoi donner espoir aux éleveurs, même s’il faudra patienter jusqu’en 2023 pour voir l'expérimentation aboutir.

Depuis novembre 2021, plus de 1300 cas de grippe aviaire ont été déclarés dans les élevages français, provoquant l’abattage de 16 millions de volailles dans le pays contre 3,5 millions en 2020. Face à cette nouvelle vague, le ministère de l’Agriculture a annoncé de nouvelles mesures, dont l’expérimentation de la vaccination. C’est donc ce mardi, que vont débuter en France, les tests à partir de deux vaccins sur les palmipèdes (oiseaux aux pieds palmés). 

"Une expérimentation pour analyser l'intérêt de mettre en place un vaccin sur ces espèces va démarrer le 10 mai pour deux lots de palmipèdes, d'autres lots seront mis en place les semaines suivantes avec des essais vaccinaux en plusieurs phases", a indiqué le ministère. Des essais qui doivent permettre aux chercheurs de s’assurer de l’efficacité et surtout de l’intérêt de la vaccination dans la lutte contre la grippe aviaire.

Le ministère de l’Agriculture a indiqué qu’une enveloppe d’environ 2,3 millions d’euros serait consacrée à l’organisation de ces tests.  

Comment va s’organiser cette expérimentation ?

Alors que le virus sévit très fortement dans le sud-ouest de la France, royaume du foie gras déjà fortement touché à l’hiver 2021, les professionnels du secteur de l’élevage souhaiteraient avancer sur le dossier de la vaccination pour pouvoir protéger au plus vite leurs animaux. Deux vaccins vont donc être testés. Le premier est celui du groupe vétérinaire mondial Ceva Santé Animale. Le second, celui de la compagnie pharmaceutique allemande Boehringer Ingelheim. Les recherches seront financées par l’État, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), l’école vétérinaire de Toulouse, le comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) et des conseils régionaux.

D’après le Cifog, l’expérimentation va exiger deux cycles de production, dont chacun durera cinq mois. Il faudra ainsi attendre au minimum début 2023 pour voir aboutir ces essais. Une fois le vaccin développé, l’enjeu sera de le déployer sur "l’ensemble du territoire", a précisé le ministère de l’Agriculture.  

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles a expliqué fin avril à l’AFP que la France ne serait pas la seule à faire des tests, d’autres expériences étant prévues en Europe. En Bulgarie, les vaccins seront essayés sur des oies et aux Pays-Bas, sur des poulets.

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Un danger pour l’exportation ?

Cette évolution ne va toutefois pas de soi. Certains pays tels que la Grande-Bretagne, la Corée du Sud, les États-Unis et l’Arabie Saoudite refusent de se fournir en volaille dans les pays ou la vaccination est autorisée, car ils craignent qu’un animal vacciné apporte le virus sur leur territoire.

Des risques qui n'ont pas échappé à la France. "Si on doit aller vers la vaccination, il faut que l’export soit possible", reconnaît le ministère de l'Agriculture. "La stratégie de vaccination sera actée pour les pays européens, pour les pays tiers, qui représentent des enjeux commerciaux importants. Il faudra que, collectivement, on défende l'intérêt de cette vaccination et l'absence de risque pour eux."


Kattalin CAUBET

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