En mars, l'occupation d'un amphithéâtre à Sciences Po Paris par des étudiants propalestiniens a créé la polémique, sur fond d'accusations d'antisémitisme.
Deux mois après les faits, la direction de l'école a rendu les conclusions de son enquête interne.
La section disciplinaire a finalement été saisie pour huit étudiants.

Le verdict tombe après deux mois d'enquête interne. À la suite de la controverse qui a éclaté à Sciences Po Paris le 12 mars dernier, en réaction aux accusations de propos antisémites lors de l'occupation d'un amphithéâtre par des étudiants propalestiniens, la direction a rendu ce mercredi 23 mai les conclusions de son enquête interne, annonçant saisir la section disciplinaire pour huit étudiants.

Des propos confirmés

Après avoir mené 38 auditions d'étudiants, enseignants et salariés, la direction provisoire a fait savoir dans un message transmis aux salariés et aux étudiants de l'école parisienne que "la tenue d'actes et de propos contraires à notre règlement et aux valeurs de Sciences Po" avait été établie.

"Parmi ces actes, on compte l'occupation de l'amphithéâtre, le filtrage d'une étudiante à l'entrée, des propos à caractère discriminatoire tenus à l'encontre de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), des propos dénigrant Sciences Po et ses personnels ainsi qu'un acte d'intimidation à l'égard d'un enseignant", est-il indiqué.

Revenant plus précisément sur la possibilité que "des propos à caractère discriminatoire et antisémite ont été tenus à l’encontre d'une étudiante, et plus particulièrement si la phrase 'Ne la laissez pas rentrer, elle est sioniste' avait été prononcée à son encontre", le directeur provisoire de l'école a fait savoir, dans ce message, que l'enquête interne avait permis d'affirmer qu'une "telle phrase, mais selon différentes variantes" avait été entendue. Pour autant, "la cellule n'a pas pu identifier les auteurs pour les traduire devant la section disciplinaire. Ce que je regrette".

Les huit étudiants renvoyés devant la section disciplinaire risquent jusqu'à l'exclusion de l'enseignement supérieur pour cinq ans, selon la direction.


A. Lo. avec AFP

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