Harcèlement scolaire : ce qu'il faut savoir sur le questionnaire remis aux élèves dès ce jeudi

Publié le 6 novembre 2023 à 12h55, mis à jour le 9 novembre 2023 à 8h49

Source : JT 20h Semaine

À compter de ce jeudi 9 novembre et jusqu'au 15 novembre, écoliers, collégiens et lycéens seront invités à remplir un questionnaire anonyme.
Objectif : évaluer s'ils sont victimes de harcèlement scolaire et mieux mesurer le phénomène à l'échelle du pays.
Voici ce que contiendront les grilles d’autoévaluation qui vont être distribuées à tous les élèves dès le CE2.

La date est symbolique. À compter de ce jeudi 9 novembre, journée de lutte contre le harcèlement scolaire, un questionnaire va être distribué aux écoliers, collégiens et lycéens pour tenter d'identifier les élèves victimes et mieux mesurer le phénomène à l'échelle nationale. Il sera remis dès la classe du CE2 et jusqu'au 15 novembre prochain. Non nominatives, ces grilles d’autoévaluation ont été "travaillées avec des scientifiques, des experts de la question", a précisé le ministère de l'Éducation, qui avait envoyé un courrier détaillant la marche à suivre le 23 octobre dernier aux chefs d'établissements. 

Voici ce qu'il faut savoir sur ce questionnaire qui compte parmi les principales mesures du plan interministériel dévoilé en septembre par le gouvernement.

Que contient le questionnaire ?

Ce dernier comporte quatre groupes de questions : "Avant d'aller à l'école", "À l'école", "Sur internet ou sur les écrans" et "Comment te sens-tu ?". Tandis que 33 questions seront proposées aux élèves en élémentaire (CE2 à CM2), 44 seront soumises à ceux de collège et de lycée, avec des thèmes similaires pour ces derniers. Les collégiens se voient par exemple demander s'ils ont "peur d'aller au collège à cause d'un ou plusieurs élèves", s'ils ont "menti pour rester chez (eux)", s'ils ont "été mis(e) à l'écart dans la cour par un ou plusieurs élèves", s'ils mangent "seul(e) à la cantine", si des élèves "font courir des rumeurs sur (eux)" ou les ont "bousculés volontairement". Il leur est également demandé s'ils ont reçu "des messages insultants ou menaçants" sur Internet ou les réseaux sociaux, si "des photos ou messages circulent" sur eux sans leur accord, ou encore s'ils ont "du mal à faire (leurs) devoirs", à "s'endormir" ou ont "mal au ventre ou à la tête" à cause de ce qu'ils vivent au collège.

À chacune des questions, l’élève est invité à noter son ressenti sur une échelle de 1 ("cela n’arrive jamais") à 4 ("cela arrive très souvent"). À noter également que des questions supplémentaires permettent aux élèves de prévenir anonymement qu’un camarade est victime de harcèlement. 

Dans quel cadre est-il soumis aux élèves ?

Deux heures du temps scolaire seront banalisées à cette fin, a précisé le ministère. L'organisation pratique de ce temps "est à l'initiative de chaque école, collège et lycée", souligne encore le communiqué.

 Les élèves rempliront cette grille "prioritairement" avec leur professeur principal en collège et lycée. 

Quelles suites ?

Une fois les copies relevées, les enseignants en charge de l'évaluation, devront faire les comptes en totalisant le nombre de cases cochées. Selon la fréquence de réponses témoignant "d’une difficulté" ou "d’une violence" (à caractère sexuel, physique, psychique, en ligne…), ces derniers ont pour consigne de faire remonter l’information et d’effectuer un signalement. 

De leur côté, les élèves se voient rappeler après avoir rempli ce questionnaire qu’ils peuvent se confier à un professeur ou un autre membre de l’équipe pédagogique s’ils le souhaitent. Le numéro de téléphone d’aide d’urgence à composer, leur est également communiqué : le 3018. 

L'objectif est que les équipes pédagogiques puissent ainsi détecter les fameux "signaux faibles" et de potentielles situations de harcèlement au sein d’un établissement. 

À l’échelle nationale, un échantillon représentatif des réponses sera exploité par le ministère de l'Éducation nationale pour mieux évaluer un phénomène jusqu’ici difficilement quantifiable. Pour cause : le harcèlement scolaire "passe souvent inaperçu" car "il est constitué de 'petits faits' qui, pris isolément, peuvent sembler sans gravité" (bousculades, moqueries, insultes, vols, propagations de rumeurs…), souligne le gouvernement. Pour rappel, il est considéré comme un délit depuis mars 2022 et passible d’une peine de prison.


Audrey LE GUELLEC

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