La "Fête de la Rosière" de Salency se voit retirer sa subvention municipale suite à la polémique

La rédaction de LCI
Publié le 23 août 2018 à 9h47
La "Fête de la Rosière" de Salency se voit retirer sa subvention municipale suite à la polémique

Source : Google Maps

Le retour d'une fête consacrant "la réputation vertueuse" des jeunes femmes dans un petit village de l'Oise provoque un tollé depuis deux semaines. Une pétition en ligne et de nombreux messages hostiles ont été envoyé au maire de la ville qui, réunissant son conseil mercredi 22 août, a fait voter à l’unanimité l’annulation de la subvention de 1800 euros allouée à l'événement.

Cette "fête de la Rosière" tenait à cœur à Bertrand Tribout, qui l’a organisée pour la première fois en 1971, alors que ce fervent catholique n’avait que 17 ans. Instaurée dès la fin du Ve siècle dans la région pour "fêter la pureté" des jeunes filles, elle avait disparu du calendrier de la commune de Salency depuis trente ans, avant d'être remise sur pied par la Confrérie de Saint-Médard, pour un retour prévu le 2 juin 2019, comme l'a rapporté le Parisien.

Critères de sélection : piété, modestie et... virginité

Le principe de la Fête de la Rosière est de récompenser la "vertu" d’une demoiselle, selon des "critères" de sélection tels qu’une conduite irréprochable, la piété, la modestie ainsi que… la virginité. Oui, la virginité. Pour s’assurer que les jeunes femmes "de 15 à 20 ans" remplissent bien l’ensemble des critères, le président de la Confrérie, qui pensait se couvrir en précisant qu'il n'y aurait "pas d’examen médical", avait expliqué qu'il s'en remettrait, comme à l’époque, "à la rumeur publique".

Le maire de Salency, Hervé Deplanque, avait beau jugé cette fête "un peu dépassée", lui portant un "soutien très mesuré", Bertrand Tribout avait réussi à convaincre la municipalité de lui allouer une subvention de 1800 euros. C’était bien sûr sans compter le tollé général qu’a provoqué le retour de cette fête dans la commune.

Des associations et collectifs féministes ont fustigé une "fête révoltante, rétrograde et insultante". Une pétition en ligne contre la Fête de la Rosière a récolté plus de 37.000 signatures à cette heure. Bien plus que les presque 600 signatures de la pétition de maintien, créée par la Confrérie de Saint-Médard elle-même. La petite ville de Salency s’est rapidement trouvée au centre d’un tourbillon de condamnations, et la Fête de la Rosière a fait le tour des médias français, anglais et espagnol.

L'avenir de la fête suspendu à une décision du ministère de l'intérieur

Depuis, le maire a donc changé d’avis et confie au Parisien qu’il regrette d’être "impliqué dans cette polémique sans en être l’organisateur". Après avoir reçu plus d’une centaine de mails plus ou moins hostiles, l’élu a convoqué un conseil municipal anticipé. Mercredi 22 août, les élus y ont voté à l’unanimité l’annulation de l’aide logistique et financière accordée à la manifestation. Une nouvelle délibération devra être organisée prochainement pour décider définitivement de l'avenir de cette manifestation.

Un avenir tout de même compromis, d'autant plus que l'affaire est remontée jusqu'à des plus hautes sphères. La préfecture a en effet saisi la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques, rattachée au ministère de l’Intérieur. Ghyslain Chatel, sous-préfet de l’arrondissement de Compiègne-Noyon, reste cependant très réservé : "Il y a aujourd’hui une opposition qui risque de créer des troubles à l’ordre public, explique-t-il. Mais d’ici un an, on a le temps de voir venir."


La rédaction de LCI

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