Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

Hébergement des sans-abri : les 43.000 places créées depuis la crise prolongées jusqu'en 2022

Maxence GEVIN avec AFP
Publié le 21 mai 2021 à 8h28, mis à jour le 21 mai 2021 à 8h38
Un sans-abri dormant devant un restaurant parisien, en août 2020.

Un sans-abri dormant devant un restaurant parisien, en août 2020.

Source : Philippe LOPEZ / AFP

URGENCE - Le gouvernement a annoncé vendredi que l'effort considérable d'aide aux sans-abri, déployé depuis le début de la crise sanitaire, allait être prolongé pendant dix mois, jusqu'à la fin mars 2022.

Un ouf de soulagement pour plusieurs milliers de personnes en France. L'effort sans précédant d'aide aux sans-abri, déployé ces derniers mois, va être prolongé "jusqu'à fin mars 2022 au moins". Ainsi, ce sont 43.000 places d'hébergement d'urgence, créées depuis le premier confinement au printemps dernier, qui vont être pérennisées pendant près d'un an. 

"On ne remettra personne à la rue à l'issue de la trêve hivernale", exceptionnellement prolongée cette année jusqu'au 1er juin 2021, a indiqué le ministère du Logement qui précise que le maintien de ces logements va coûter 690 millions d'euros, portant le budget annuel consacré à l'hébergement d'urgence à 2,9 milliards. Une bonne nouvelle pour les personnes concernées et les associations qui craignaient un retour rapide à la rue de ces milliers de personnes.

La fin d'un "mode opératoire inhumain" ?

Cette mesure du gouvernement ressemble à un réel tournant de la politique autour des sans-abri, mettant fin - au moins provisoirement - à la gestion des places "au thermomètre", décriée depuis de longues années. C'est la fin d'un "mode opératoire inhumain", salue le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, faisant référence à la méthode qui consistait à abriter les plus précaires l'hiver avant de les renvoyer chaque printemps dans la rue. 

Si cette mesure est un premier pas vers une amélioration de la situation des personnes pauvres et sans-abri, les associations réclament davantage de garanties. Au-delà de mars 2022, "il faut que ces places soient pérennisées de manière définitive", affirme Florent Guéguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). "Le Covid a créé de nouveaux pauvres, et malgré les efforts d'hébergements réalisés, beaucoup d'hommes seuls isolés sont restés sur le carreau", argue-t-il encore, mettant l'accent sur "des milliers" d'appels au Samu Social (115) qui débouchent encore sur un refus d'hébergement chaque soir.

Une proposition de relogement lors des expulsions locatives

Parallèlement, le gouvernement a décidé de faire un pas pour limiter l'impact des expulsions locatives, qualifiées de "bombe à retardement" par plusieurs associations. Selon la Fondation Abbé Pierre, plus de 30.000 ménages pourraient être menacés en 2021 d'une expulsion impliquant l'intervention des forces de l'ordre, soit le double des années précédant la pandémie. Par conséquent, le ministère au Logement a pris une circulaire obligeant les préfets à assortir toute expulsion d'une proposition de relogement ou d'hébergement. Trente millions d'euros supplémentaires ont également été déployés pour renforcer les fonds départementaux de solidarité logement, destinés à financer des aides pour prévenir les impayés.  

Lire aussi

Au total, plus de 200.000 sans domicile fixe sont actuellement hébergés dans des centres d'hébergement ou des hôtels en France.


Maxence GEVIN avec AFP

Tout
TF1 Info