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"Il faut réagir dès la première alerte" : le témoignage d'Anne-Sophie, fille d'une victime de féminicide

Léa LUCAS avec TF1
Publié le 14 juin 2021 à 13h00
JT Perso

Source : JT 20h WE

MEURTRE - Anne-Sophie et ses deux sœurs dénoncent dans une pétition la détention d'armes, responsables de nombreux féminicides. En 2019, elles ont appris le décès de leur mère, tuée par leur père d'une balle dans la tête.

Un tiers des féminicides sont commis par armes à feu. La vie d'Anne-Sophie a basculé lorsque son père a tué sa mère d'une balle dans la tête, avant de se suicider. Ce féminicide était alors le quatorzième en 2019. Il aurait pu être évité selon la jeune femme qui témoigne dans le reportage de TF1 : "Je suis persuadée que s’il n’avait pas eu ses armes en sa possession, il aurait eu moins de facilité à passer à l’acte". 

En 2002 déjà, le père de famille avait menacé son épouse de la tuer, ainsi que leur trois filles, en brûlant la maison familiale. Les gendarmes avaient aussitôt confisqué ses fusils avant de les lui restituer quelques mois après. "Quand un homme se montre aussi menaçant que de vouloir tuer toute une famille, je ne vois pas où est-ce qu’il n’y a pas de dangerosité, en fait", confie-t-elle, émue. "Comment peut-on se dire 'non, il n’est pas dangereux, c’était juste un coup de folie'. Il faut réagir dès la première alerte." 

Prise en charge psychologique des enfants

En théorie, il existe une mesure permettant de réquisitionner les armes des conjoints agressifs dès la première plainte depuis le Grenelle sur les violences conjugales lancé par Marlène Schiappa en 2019. Mais dans les faits, cette mesure reste peu appliquée selon les associations, faute de ressources financières. "Nous n'avons pas les moyens de faire appliquer ces mesures", regrette Sandrine Bouchait, présidente de l'Union nationale des familles de féminicide (UNFF). "Il y a eu une augmentation de 30% de violences conjugales, c'est-à-dire 30% de dossiers de plus à traiter. Cependant, il n'y a pas eu 30% de magistrats en plus pour s'en occuper (...) Certains enfants vivent de véritables scènes de guerre, mais ne sont pourtant pas pris en charge." 

Cette question de la prise en charge des membres de la famille, victimes d'un féminicide, ainsi que de leur prise en charge psychologique, est désormais le combat d’Anne-Sophie. Avec ses deux sœurs, elle a lancé une pétition afin d'interpeller le gouvernement. "A l'heure actuelle, il ne nous reste plus rien à part la violence de cette scène de crime ainsi que les traumatismes énormes sans prise en charge de l'État puisque nous ne sommes pas reconnues victimes", déplore-t-elle.

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53. C’est le nombre de femmes tuées en 2021, selon le collectif féministe "Féminicides par compagnons ou ex". En 2020, selon les chiffres du ministère de la Justice, 90 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint.


Léa LUCAS avec TF1

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