Mort du généticien Axel Kahn, figure de la recherche française

Il n'est pas mort, "il a vécu" : l'hommage de Jean-François Kahn à son petit frère Axel

La rédaction de LCI
Publié le 11 juillet 2021 à 20h35, mis à jour le 11 juillet 2021 à 21h19
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Source : TF1 Info

MÉMOIRE - Cinq jours après la mort de son frère, Axel Kahn, Jean-François Kahn lui a rendu hommage sur LCI. Interviewé par Élisabeth Martichoux, il a décrit un homme serein et prêt à mourir.

Il s'en est allé sans crainte aucune. Atteint d'un cancer, le médecin généticien et essayiste Axel Kahn s'est éteint mardi à l'âge de 76 ans. Après l'annonce de sa maladie, il s'était exprimé à de nombreuses reprises dans les médias, sur Twitter et sur son site internet pour livrer ses sentiments à l'approche de la mort. Ce dimanche, son grand-frère, le journaliste Jean-François Kahn, était l'invité de LCI. Il est revenu sur les derniers moments partagés avec son frère.

C'était extraordinaire, à une semaine de la mort, le plaisir qui se lisait dans ses yeux à la vue d'un bon Bourgogne et d'un bon Comté.

Jean-François Kahn

"La dernière fois que je l'ai vu, je savais que dans trois jours il allait s'endormir. Et lui savait que dans trois jours c'était fini", explique le fondateur du journal Marianne. "On est restés 1h30 ensemble et pendant 1h10, on n'a pas arrêté de rire aux éclats en évoquant des souvenirs communs. Et pourquoi pas ?", questionne Jean-François Kahn, comprenant que cela puisse "surprendre" ou "choquer". Et de citer une autre anecdote se déroulant à une semaine de la mort de son frère : "Il savait que c’était fini et il m’a demandé de lui apporter une bonne bouteille de Bourgogne, un vieux Comté, des cerises... On a pris un plaisir fou. C'était extraordinaire, à une semaine de la mort, le plaisir qui se lisait dans ses yeux à la vue d'un bon Bourgogne et d'un bon Comté", se souvient-il.

La mort d'un stoïcien

Selon Jean-François Kahn, l'attitude de son petit frère se rapprochait du stoïcisme. "Il m'a rappelé cette scène du philosophe stoïcien Sénèque. Il savait qu'il allait mourir (...), il avait ses amis autour de lui et jusqu'au bout il a essayé de professer sa philosophie, ce qu'il pensait de la vie. Axel, il a eu cette mort du stoïcien", considère-t-il. "Et ce qu'il a montré, c'est que la mort n'est pas un arrêt. C'est un effacement", ajoute-t-il. "Finalement, il n'a jamais dit 'Je meurs'. Il disait 'J'ai vécu'. Je meurs, c'est un arrêt. Mais ce qui est formidable, c'est qu'on a vécu ! Si on meurt, c'est qu'on a vécu."

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Au-delà du stoïciste qu'il était, Axel Kahn, dont les obsèques se sont déroulées à l'église, était aussi "totalement catholique" dans sa morale et ses valeurs. Pourtant, il ne croyait pas en Dieu. "Mon frère est un cas très particulier", concède Jean-François Kahn. "Le scientifique qu'il était faisait qu’il ne croyait pas en Dieu."


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