"Calmez-vous ça va bien se passer" : échange tendu entre Gérald Darmanin et la journaliste Apolline de Malherbe

Publié le 9 février 2022 à 10h40, mis à jour le 9 février 2022 à 11h11
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin - Source : AFP

Le ministre de l'Intérieur a provoqué un tollé mardi en s'adressant à la journaliste Apolline de Malherbe.
En lançant "ça va bien se passer madame" à son celle qui l'interrogeait sur BFM à propos de son bilan, il s'est attiré les foudres de la classe politique.
Sur LCI ce mercredi, Yannick Jadot a demandé qu'Emmanuel Macron rappelle à l'ordre les membres de son gouvernement.

Dans un échange très tendu, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a accusé mardi une journaliste de BFMTV de présentation "populiste" des chiffres de l'insécurité, provoquant de vives critiques de l'opposition en pleine campagne présidentielle.

Tout est parti d'une question de la journaliste Apolline de Malherbe qui demandait dans sa matinale à M. Darmanin si l'exécutif ne s'était pas "réveillé un peu tard", avec l'annonce par Emmanuel Macron d'une loi sur la sécurité intérieure dans les derniers mois du quinquennat, alors que les chiffres de 2021 montrent une hausse des atteintes aux personnes.

Calmez-vous Madame, ça va bien se passer"
Gérald Darmanin à Apolline de Malherbe

"J'ai regardé votre logo, je pensais qu'on était sur Cnews mais en fait on est bien sur BFM", a d'abord ironisé Gérald Darmanin, avant de critiquer une "présentation très rapide et un peu populiste", insistant sur la baisse des atteintes aux biens.

"Non mais ne vous vexez pas, calmez-vous Madame, ça va bien se passer", a enchaîné le ministre alors que la journaliste protestait en considérant que ce n'était "pas une réponse" mais "presque une offense".

Disant en avoir "marre des discours populistes toute la journée", le ministre lui a reproché de "n'évoquer même pas la baisse des (actes commis contre les) biens", une "présentation fallacieuse" selon lui qui fait qu'"une partie des médias" sont "responsables" de "l'augmentation générale et continue des populismes depuis de très nombreuses années".

Tout en concédant qu'"il y a des augmentations très fortes d'atteintes contre les personnes".

La classe politique s'indigne

À gauche, Yannick Jadot, le candidat d'EELV a déploré ce mercredi sur LCI dans l'émission "QG de campagne", "une critique régulière de la presse", "de la justice" : "il faut que le président de la République sonne la fin de la récré (...) Qu'il rappelle à l'ordre l'ensemble de son gouvernement [dont les membres] franchissent régulièrement la ligne rouge". 

L'ancienne ministre Laurence Rossignol a pointé "la vieille combine misogyne qui consiste à déstabiliser les femmes en sous-entendant qu’elles ne tiennent pas leurs nerfs et sont hystériques".

Mardi, la candidate du RN Marine Le Pen a rapidement réagi sur Twitter : "Manifestement, G. Darmanin n'assume pas le lourd échec de sa politique et y répond par une agressivité déplacée".

"Confronté au naufrage abyssal de la politique sécuritaire d’Emmanuel Macron, son ministre perd son sang-froid avec Apolline de Malherbe", a abondé Eric Zemmour.

Le parti LR a vu dans la séquence la preuve du "mépris macroniste épisode 852" et dénoncé le fait que "pour écarter toute critique de son triste bilan, Gérald Darmanin vous colle l’étiquette de populiste".

Pour sa part, la société de journalistes de BFMTV rappelle sur Twitter que "les journalistes sont libres de poser les questions qui leur semblent pertinentes" et "s’étonne du ton et des propos employés par le ministre".


La rédaction de TF1info

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