La SNCF pourrait proposer des primes d'assiduité à ses cheminots pour les mobiliser durant la période des Jeux olympiques de Paris, en 2024.
L'entreprise ferroviaire souhaiterait ainsi se prémunir contre d'éventuels mouvements sociaux intempestifs pendant la compétition.

La SNCF prépare déjà l'année prochaine, au cas où. Dans un contexte social explosif dû en grande partie à la réforme des retraites, la compagnie ferroviaire a ouvert des discussions avec les quatre syndicats représentatifs (Unsa, CFDT, CGT et SUD Rail), en prévision des Jeux olympiques de Paris, qui auront lieu du 26 juillet au 11 août 2024. Par crainte de mouvements sociaux intempestifs durant la grand-messe olympique, la direction de la SNCF envisagerait d'offrir des primes d'assiduité à ses cheminots pour les inciter à venir travailler ou à décaler leurs vacances d'été, rapporte Le Parisien, mardi 18 avril. 

"Nous n'en sommes qu'au début des discussions et il manque encore des détails", a commenté un représentant syndical, interrogé par le quotidien francilien. "Mais ça ressemble à une prime d'assiduité pour s'éviter une grève. Et, au niveau du montant, on est encore très loin du compte !" Cette prime pourrait être inférieure à 450 euros, selon ce dernier, soit en dessous de la prime de présence débloquée par la RATP, fin 2022, pour lutter contre l'absentéisme des chauffeurs de bus. Des discussions semblables à celles menées par la SNCF avec les syndicats doivent se tenir fin avril à la RATP.

"Pas de retrait, pas de JO"

Par ce biais, la SNCF espèrerait apaiser la grogne sociale, alors que des menaces de perturbation des JO ont émergé depuis la décision du Conseil constitutionnel de valider l'essentiel de la réforme des retraites. Sur Twitter, le hashtag #PasDeRetraitPasDeJO a fait partie des plus relayés. L'idée des opposants au texte, promulgué le week-end dernier par Emmanuel Macron, serait d'empêcher le bon déroulé de l'événement planétaire, au moment où le monde entier aura les yeux rivés sur la France. Avec ce mot-clé, "les Jeux de Paris 2024 sont devenus, d'un seul coup, un objet politique sur lequel on peut influer et contre lequel il est consensuel", défend un membre du collectif "Saccage 2024" dans les colonnes du journal.

Un moyen d'action qui ne suscite pas une forte adhésion, comme du côté de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT. "Les JO, ça doit être une fête, un moment magique pour ceux qui aiment le sport", a rappelé sur France 2 l'un des leaders de l'intersyndicale. "Donc, il est hors de question de faire ni ce type de menace, ni ce type d'action pendant les JO."


Y.R.

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