Depuis 1923, il est interdit de se baigner dans la Seine à cause de la pollution de l'eau.
Les épreuves de natation aux JO vont permettre de lever cette règle.
Le fruit de travaux importants pour assainir le fleuve, pollué par les eaux usées.

Se baigner dans la Seine, un vieux "serpent de mer" qui va bientôt sortir de l'eau ? Emmanuel Macron, lui, y croit. Le président a assuré lundi que "nous sommes en passe de réussir" à "rendre la Seine et la Marne baignables". Un projet longtemps renvoyé aux calendes grecques, mais qui va devenir une réalité grâce aux JO de Paris 2024.

Le sport va en effet permettre aux Parisiens de renouer avec le fleuve. Disputées entre les Invalides et la tour Eiffel, les épreuves de natation en eau libre et du triathlon vont permettre de lever l'interdiction de la baignade. Car depuis une ordonnance de 1923, il est interdit de se baigner dans le fleuve, sous peine de recevoir une amende de 15 euros. En cause : la qualité de l'eau. Des analyses réalisées - portant notamment sur les indicateurs de contamination fécale - démontrent des valeurs supérieures aux valeurs réglementaires.

Le défi de l'assainissement de l'eau

Pour autant, une vingtaine de zones de baignade ouvriront en Île-de-France dans les années qui suivront les JO. Dans Paris même, quatre sites sont à l'étude. Comment ? Grâce à l'assainissement de l'eau. À Champigny-sur-Marne, un chantier à 45 millions d'euros va permettre la rétention et le traitement aux ultraviolets avant le rejet dans la Marne des eaux pluviales mélangées aux eaux usées. Ces eaux de pluie sont en effet polluées en amont par des mauvais branchements "d'à peu près 30.000 foyers diagnostiqués" dont les eaux usées "vont directement dans la Marne ou la Seine", selon le syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (Siaap).

Même défi au bassin de stockage d'Austerlitz, construit près de la gare parisienne afin que "les égouts ne débordent pas", selon l'adjoint chargé des JO et de la Seine, Pierre Rabadan. Pas moins de 264 millions d'euros ont été investis pour renforcer l'assainissement. En parallèle, les particuliers sont accompagnés pour corriger leurs mauvais branchements. Dans le Val-de-Marne, "on doit être à une bonne moitié" de particuliers désormais bien raccordés, estime le président du département Olivier Capitanio.

La préfecture d'Ile-de-France (Prif), qui chapeaute avec la Ville de Paris le plan baignade, porte l'objectif "d'effacer en 2024 les trois quarts de la pollution" liée aux mauvais branchements. "Si on atteint cet objectif de 75%, il doit être possible de se baigner dans la Seine", ajoute la Prif. 

Le feu vert repose sur des critères drastiques : selon une directive européenne de 2006, la règlementation requiert l'analyse microbiologique de deux bactéries fécales, l'escherichia coli et les entérocoques intestinaux. "L'été dernier, l'ensemble des prélèvements quotidiens étaient satisfaisants ou excellents 7 jours sur 10. Et ça, c'est avant tous les travaux en cours", a souligné Pierre Rabadan, pour qui la proportion est montée à 92% sur la période olympique, entre fin juillet et début août. Des résultats dont se serait félicité Jacques Chirac : formulée en 1990, sa promesse de se baigner "d'ici trois ans" dans la Seine n'avait jamais été tenue.


T.G.

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