À l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie ce 17 mai, L’Autre Cercle et l’Ifop ont publié leur baromètre sur l’inclusion des personnes LGBT+ au travail en France.
Les résultats démontrent une évolution des mentalités, malgré des discriminations qui persistent.

La journée du 17 mai, choisie pour marquer le jour où l'OMS a retiré l'homosexualité de la liste des maladies mentales en 1990, est désormais une date clé pour sensibiliser l'opinion publique contre les LGBT-phobies. À cette occasion, L'Autre Cercle, l’association mobilisée pour l’inclusion des personnes LGBT+ au travail, et l'Ifop ont réalisé une enquête auprès du plus large échantillon représentatif d’employés LGBT+ jamais sondé (plus de 1 000 personnes). Elle révèle un climat au travail autour des sujets liés à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre "de plus en plus progressiste". 

Une plus grande visibilité

Ainsi, 9 salariés sur 10 sont favorables à l’accès aux droits parentaux pour leurs collègues ayant eu un enfant via une GPA, même s’ils n’en sont pas le parent biologique. En outre, 74% des sondés ne voient aucun problème à ce que les personnes transgenres ou non-binaires aient accès aux toilettes selon le genre auquel ils s’identifient. Indicateur supplémentaire de cette normalisation : deux tiers légitiment l’usage des termes neutres (ex : "droits humains" plutôt que "droits de l’homme") ou encore de l’écriture inclusive. Plus délicat cependant, l’usage des pronoms de genre dans les signatures d’e-mails ou les cartes de visite : près de 4 salariés sur 10 (38%) y sont encore défavorables. 

Cette évolution des mentalités profite à la visibilité des personnes LGBT+ qui augmente de 10 points en six ans : aujourd’hui, plus de 6 personnes LGBT+ sur 10 (60% vs 50% en 2018) déclarent être visibles auprès de leurs collègues, mais seulement 1 sur 2 auprès de leurs supérieurs hiérarchiques directs (49%). En miroir à ces enseignements, les discriminations LGBT-phobes dans la rémunération ou dans le recrutement reculent, elles, de deux points, pour atteindre respectivement 16% et 15% des salariés LGBT+.

Les transgenres et les non-binaires sont les plus discriminés

Malgré ce tableau plutôt positif, des zones d’ombre persistent. Ainsi, près de 3 salariés LGBT+ sur 10 (28%) déclarent encore aujourd’hui avoir été victimes d’au moins une agression LGBT-phobe au travail : un niveau qui reste élevé depuis plusieurs années. En outre, plus de la moitié (53%) déclare avoir entendu des expressions LGBT-phobes telles que "enculé" (45%), "gouine" (32%) ou encore "travelo" (29%).  "Ces résultats sont significatifs des défis qui perdurent notamment pour les personnes transgenres et non-binaires pour qui les LGBT-phobies sont exacerbées", souligne cette enquête.

Une tendance qui se confirme avec la réaction de malaise déclarée face au coming-out d’un collègue LGBT+ au travail. Si les salariés non-LGBT+ se déclarent "mal à l’aise" en cas de coming-out d’un collègue gay, bisexuel ou d'une collègue lesbienne dans une relative faible proportion (moins de 6%), ce chiffre grimpe à 21% et 16% en ce qui concerne les collègues transgenres et non-binaires. Un contexte non inclusif qui les pousse à renoncer plus que la moyenne des salariés LGBT+ à indiquer le nom de leur conjoint sur leur mutuelle (46% vs 23%) ou encore à participer à un événement organisé par l’employeur où les conjoints sont invités (44% vs 28%). 

Enfin, le silence reste encore très prégnant : près de 4 salariés LGBT+ sur 10 (39%) victimes de moqueries désobligeantes ou de propos vexants n’en ont parlé à personne.


Virginie FAUROUX

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