Harcèlement sexuel au travail : comment réagir quand ça se passe dans votre équipe ?

Laurence VALDÉS
Publié le 8 mars 2018 à 11h04
Harcèlement sexuel au travail : comment réagir quand ça se passe dans votre équipe ?

INTERVIEW - Le sujet est très délicat. Vous êtes manager et on vous rapporte un cas de harcèlement sexuel dans l'équipe. Pas question de fermer les yeux mais difficile de savoir dans l'immédiat s'il s'agit de faits avérés ou non. LCI a demandé à un cabinet RH quelle réaction adopter.

Rumeur ou réalité ? Pas évident de faire la différence au départ mais quand il s'agit de harcèlement sexuel au sein d'une entreprise, le sujet est suffisament grave pour être pris au sérieux par l'encadrement. "Le problème est délicat pour le manager car il demande de prendre la bonne distance avant de lancer, le cas échéant, une action de licenciement", assure à LCI Ghislain de Gestas, directeur général du cabinet de conseil en ressources humaines Tactic RH

Un tiers des femmes dit avoir été victime d'une forme de harcèlement sexuel au cours de sa carrière (sous forme verbale ou visuelle pour 34% d'entre elles, sous forme de contacts physiques de l'ordre de l'effleurement pour 24% et de l'ordre de la main au fesses pour 13% d'entre elles), selon un sondage Ifop pour VieHealthy.com dévoilé mercredi 28 février 2018.

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Il s'agit bien souvent "d'un abus de position dominante, d'une personne qui joue de son pouvoir pour faire valoir des attentes sexuelles, qui ne sont pas forcément voulues par l'autre", explique Ghislain de Gestas. Quand de tels agissements arrivent aux oreilles du manager, celui-ci doit "commencer par évaluer les faits" avant d'en informer les ressources humaines, préconise-t-il, en détaillant étape par étape comment réagir au mieux. 

Il est important d'offrir à la victime, si elle le souhaite, la possibilité de partir la tête haute

Ghislain de Gestas, fondateur et dirigeant de Tactic RH

Harcèlement sexuel au travail, de quoi parle-t-on exactement ?

L'article 222-33 du Code pénal précise que "le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante" est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende.

L'invité politique de la Matinale : Marlène SchiappaSource : L'Invité Politique
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Les articles L1153-1. à L1153-6 du Code du travail apportent des précisions :

• "Les agissements de harcèlement de toute personne dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d'un tiers sont interdits."

• "Aucun salarié, aucun candidat à un recrutement, à un stage ou à une période de formation en entreprise ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat pour avoir subi ou refusé de subir des agissements de harcèlement sexuel."

• "Aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire pour avoir témoigné des agissements de harcèlement sexuel ou pour les avoir relatés."

• "L'employeur prend toutes les dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements de harcèlement sexuel."

• "Tout salarié ayant procédé à des agissements de harcèlement sexuel est passible d'une sanction disciplinaire."


Laurence VALDÉS

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