L’agence fête ses 50 ans : Pôle emploi est-il devenu une machine infernale à broyer chômeurs et conseillers ?

Sibylle LAURENT
Publié le 13 juillet 2017 à 7h15, mis à jour le 18 juillet 2017 à 22h22
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

JOYEUX ANNIVERSAIRE – Alors que sont célébrés jeudi 13 juillet les 50 ans de l’ANPE (le 13 juillet 1967), LCI a interviewé Cécile Hautefeuille, auteur de la "Machine infernale, racontez-moi Pôle emploi". Un système qu’elle connaît, pour avoir été inscrite au chômage. Mais elle a aussi recueilli des témoignages et raconte les dessous de la machine.

Un mot ? "Opaque." Un autre ? "Absurde." Voilà donc esquissé, en deux mots, Pôle emploi. Ou plutôt la façon dont les usagers considèrent Pôle emploi, machine que Cécile Hautefeuille a elle aussi pratiqué de l’intérieur, inscrite en tant que chômeuse. "Machine" : ce nom n’est pas pris au hasard. C’est même le titre du livre qu’elle vient de sortir, à partir de son expérience, et de celle de chômeurs rencontrés : "La machine infernale. Racontez-moi Pôle emploi", aux éditions du Rocher.

Cécile Hautefeuille est journaliste dans la trentaine, a été inscrite pendant deux ans à Pôle emploi, pour avoir un complément de revenus, au cas où ses piges ne suffisaient pas à boucler le mois ; puis  elle s’est désinscrite, énervée par les erreurs en série, ce système qu’elle trouvait "kafkaïen" ; puis, pour des raisons financières, et mieux préparer son avenir pro, elle a choisi de  caler son orgueil dans sa poche avec un gros mouchoir dessus, et de réintégrer la "machine". Ça fait un an et demi. 

Casse-tête

A Pôle emploi, Cécile a découvert que les choses sont rarement simples ; que Pôle emploi, ce sont des millions d’histoires, de cas différents, derrière ces chiffres qui tombent tous les mois ; que, souvent, la machine s’emballe, se trompe, se plante. Sans qu’on ne sache parfois pourquoi. Mais, derrière, ce sont des situations tendues, parfois explosives, ou dramatiques. De l’humain. 

Elle a découvert ces sigles barbares, pourtant si essentiels à la survie du chômeur en zone hostile. Ces DE (demandeur d’emploi), ces PPAE (projet personnalisé d’accès à l’emploi), ces ARE (allocation de retour çà l’emploi). Elle a, dans le même temps, renoncé à comprendre comment étaient calculées les indemnités. Faute de trouver la réponse à cette formule aux airs d’énigme : "C’est une valeur journalière qui définit votre ARE", détaille Cécile dans son livre. "Elle-même se base sur le calcul préalable d’un salaire journalier de référence – SJR – qui s’obtient par l’addition de vos salaires de référence sur la période de référence calcul. Par la division de ce salaire de référence par le nombre de jours travaillés compris dans la période de référence calcul."  Intéressant... 

La journaliste dépeint un système tellement absurde, incohérent parfois, qu’elle en arrive à se demander "si ce charabia est volontaire. Pour décourager, brouiller les pistes, tenir les DE à l’écart du cœur de la machine". Forcément, il fallait lui demander des détails...

>> "La machine infernale, Racontez-moi Pôle emploi", de Cécile Hautefeuille, aux éditions du Rocher. 16, 50 euros.


Sibylle LAURENT

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