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La France va-t-elle détruire des millions d'hectolitres de vin ?

par La rédaction de TF1info | Clémence Di Tella
Publié le 13 septembre 2023 à 12h58, mis à jour le 13 septembre 2023 à 13h09

Source : JT 13h Semaine

D’après plusieurs médias étrangers, la France s’apprêterait à détruire l'équivalent de dizaine de millions de bouteilles de vin.
C’est vrai : cette mesure européenne vise à soulager le secteur viticole français en crise.
Le vin retiré de la vente est distillé pour être utilisé dans d’autres produits.

Des millions de bouteilles de vin français n'arriveront jamais dans les verres et vont être détruites  ? Ces dernières semaines, c’est ce que rapportent plusieurs médias étrangers, dont The Guardian qui évoque "la destruction d’excédent de production de vin en raison d'un cocktail de problèmes dont l’inflation, la modification des habitudes de consommation et les conséquences de la crise du Covid-19".

400 millions de bouteilles concernées ?

Si elle peut surprendre au premier abord, cette information est bien exacte. La Commission européenne a en effet publié, le 26 juin dernier, un règlement incitant les viticulteurs à retirer du marché leur production en excès. Pour cela, 160 millions d’euros ont été débloqués en vue de financer la distillation de 3 millions d’hectolitres de vins rouges et rosés, soit l’équivalent de 400 millions de bouteilles.

À l’occasion d’une visite dans une distillerie de l'Hérault le 25 août dernier, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a annoncé gonfler cette aide de 40 millions d’euros supplémentaires suite à un afflux de demandes de distillation de la part des producteurs. Ce seront donc au total 4,4 millions d’hectolitres, à l'échelle européenne, qui se verront finalement distillés. Le vin retiré de la vente sera transformé en un alcool impropre à la consommation pour être utilisé dans différentes applications : bioéthanol, base de parfum, gel hydroalcoolique...

Rien d'obligatoire dans cette démarche : joint par téléphone, le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB) indique que s’inscrire ou non dans la campagne de "distillation de crise" relève d'"un choix individuel de la part de chaque vigneron"

Un secteur en crise

Depuis quelques années, la France traverse une crise viticole importante. En cause, une production excessive de vins et une diminution de la consommation qui, d’après le Comité National des Interprofessions des Vins (CNIV) serait passée de 100 litres par an et par habitant en 1975, à 40 litres aujourd’hui. Insuffisant alors qu'en 2019, ce sont pas moins de 4,2 milliards de litres de vin (17 % de la production mondiale) qui ont été produits dans notre pays. Des volumes considérables qui placent l'Hexagone au 2e rang mondial derrière l’Italie. 

La modification des habitudes de consommation des Français a entraîné la chute des prix du vin ainsi qu’une baisse de la rémunération des viticulteurs. Une crise qui touche principalement les régions du Bordelais et du Languedoc. À l'échelle européenne, selon Il Messaggerio, ce sont les producteurs de vins rouges et rosés de France, d'Espagne et du Portugal qui sont les principaux concernés.

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